Lors d'un congrès à Rio de Janeiro, l'Association du transport aérien international (IATA) a dévoilé ses prévisions pour les années à venir. Elle anticipe que ses membres, responsables de 85 % du trafic aérien mondial, transporteront environ 5,1 milliards de passagers d'ici 2026, soit une hausse de 2,4 % par rapport à 2025. Pourtant, le bénéfice net projeté pour cette période est alarmant : il pourrait tomber à 23 milliards de dollars, contre 45 milliards en 2025. Ce sentiment de malaise n'est pas étranger au coût élevé du kérosène, dont la flambée ne semble pas freiner l'ardeur des voyageurs, selon des sources médiatiques telles que Le Figaro.
Le DG de l'IATA, Willie Walsh, a commenté cette tendance, affirmant : "Nous ne considérons pas cela comme une crise. Au contraire, le secteur prévoit une croissance". Il estime même qu'en l'absence de conflits au Moyen-Orient, la croissance pourrait atteindre 3,5 %. Toutefois, cette embellie se heurte à la réalité : des pertes importantes pour les compagnies basées dans cette région en proie à des turbulences.
Pour Walsh, la rentabilité ne devrait atteindre que 2 %, une réduction drastique par rapport aux 4,2 % de l'an dernier. Les experts mettent en avant la résilience du secteur, bien que des incertitudes demeurent quant à la stabilité du marché si d'autres coûts devaient augmenter. Le rapport de l'IATA indique également que la marge nette pour les compagnies du Moyen-Orient pourrait devenir négative d'ici 2026, contrastant avec celles d'Europe qui devraient devenir les plus rentables.
À l'échelle globale, le chiffre d'affaires des membres de l'IATA pourrait s'élever à 1 165 milliards de dollars cette année, en partie en raison de la hausse des prix des billets. Cependant, la plupart de ce choc est absorbé par les compagnies, qui peinent à répercuter totalement les coûts sur les passagers. La tendance actuelle pourrait offrir un aperçu de la résilience du secteur face à des défis géopolitiques majeurs.
En dépit des incertitudes, l'IATA reste optimiste quant à la demande, notant une baisse du prix moyen des billets de 26 % en dix ans. Les professionnels du vol voient là un signe de dynamisme, bien que le contexte politique puisse par moment obscurcir l'horizon.







