Les jardins zen japonais regorgent de techniques raffinées, parmi lesquelles le shakkei, que l'on peut traduire par "paysage emprunté". Cette approche unique permet d'intégrer le jardin au paysage environnant, offrant ainsi une perspective élargie et harmonieuse.
le shakkei : un concept japonais inspiré
Le shakkei, ou 借景 en japonais, naît d'une réalité géographique : le Japon, étant un pays restreint, privilégie l'optimisation de ses espaces extérieurs. Les jardins, moins nombreux et souvent plus soignés, puisent leur inspiration dans cette tradition artistique qui valorise la nature sans artifice. Ainsi, les établissements japonais incorporent souvent des éléments de paysages lointains, une technique héritée de la culture chinoise.
Pour créer l'illusion d'un jardin sans limites, le shakkei utilise des astuces visuelles, telles que des perspectives étudiées et des ouvertures stratégiques. Les jardins zen, souvent peuplés de mosses, graviers et pierres, sont soigneusement agencés de manière à diriger le regard vers des panoramas éloignés tels que montagnes, forêts ou structures traditionnelles comme pagodes et temples.
les fondamentaux du shakkei
La réalisation d'un jardin selon la technique du shakkei repose sur quatre axes principaux :
- Premier plan : un aménagement créatif qui varie sans influencer l'ensemble.
- Second plan : crucial, il organise les roches pour guider le regard vers le paysage emprunté.
- Troisième plan : des éléments périphériques, tels que murets ou haies, qui définissent sans dominer, encadrant ainsi la vue.
- Quatrième plan : le paysage distant qui se révèle grâce à l'assemblage harmonieux des couches précédents.
appliquer le shakkei dans nos jardins
Le principe du shakkei peut également être adapté en France dans les jardins modestes. Au lieu de construire des murs élevés pour se protéger, on peut créer des perspectives en intégrant des éléments naturels voisins, tels qu'une église, une vallée ou un verger, pour élargir visuellement l'espace.
Par exemple, perforer une haie dense afin de laisser entrevoir un paysage pittoresque permet de donner une nouvelle vie à un jardin confiné. Cette idée est explorée dans le Petit traité du jardin punk de Eric Lenoir, paysagiste qui promeut une approche audacieuse et écologique du jardinage, en combinant humour et un message militant pour un futur durable.
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