Des chercheurs de l’Inserm dévoilent que la routine d’une consommation de caféine peut avoir un impact positif et durable sur notre cerveau, en particulier sur l'hippocampe, une région clé impliquée dans la mémoire.
Avec plus de 80% de la population mondiale utilisant la caféine, cette substance psychoactive se classe comme la plus consommée au monde, en grande partie pour ses effets stimulants. Elle améliore la vigilance et la concentration, surtout dans les heures qui suivent sa consommation. Lorsqu’elle est ingérée en quantité raisonnable—entre deux et quatre tasses par jour—, elle pourrait également réduire le risque de décès prématuré et présenter divers avantages pour le cœur, ainsi que des bénéfices en matière de mémoire face à des maladies comme l'Alzheimer.
Dans une étude récente publiée le 13 juin dans le Journal of Clinical Investigation, des chercheurs de l’Inserm se sont concentrés sur la consommation chronique de caféine en utilisant des souris. "Jusqu'à présent, de nombreuses études se penchaient principalement sur des doses aiguës de caféine, sans explorer son impact sur une consommation régulière, qui est généralement plus représentative de notre usage quotidien. Aucun de ces travaux ne mettait en lumière les changements moléculaires qui se produisent après l'interaction de la caféine avec ses récepteurs dans le cerveau," confient-ils.
"La caféine agit comme un facilitateur de réponse de l’hippocampe"
L’étude a spécifiquement ciblé l'hippocampe, une zone du cerveau crucial pour la mémoire, souvent affectée par la maladie d’Alzheimer. Pendant deux semaines, les chercheurs ont administré une dose modérée de caféine—équivalente à deux ou trois tasses par jour—à des souris. À la fin de cette période, ils ont examiné différentes facettes de leurs cellules hippocampiques, y compris l’expression génétique et les modifications chimiques sur leurs ADN.
Les résultats indiquent que la caféine laisse des traces moléculaires à long terme dans l’hippocampe, générant des changements bénéfiques et durables, par rapport aux souris n'ayant pas consommé de caféine. "Lors des tâches d'apprentissage, l'activité transcriptionnelle, indicatrice du niveau d’expression des gènes, augmente dans l’hippocampe. Nous observons que cette augmentation est nettement plus prononcée chez les sujets ayant une consommation régulière de caféine," explique David Blum, l’un des auteurs principaux de l'étude.
Ainsi, une consommation régulière de café peut favoriser la transmission synaptique dans cette partie du cerveau. "La caféine se présente comme un facilitateur des réponses hippocampiques lors des tâches de mémoire, grâce à son action concertée sur les cellules neuronales et non neuronales," conclut le chercheur.







