Après un épisode de gel ayant frappé la semaine dernière, les producteurs de cerises de l'Yonne sont anxieux face aux fluctuations de températures prévues dans les jours à venir. Ils espèrent que les conditions resteront clémentes jusqu'aux Saints de glace en mai. En effet, un mercure ascendant, atteignant jusqu'à dix degrés au-dessus des normales saisonnières, complique la situation. Les arboriculteurs, notamment au sud d'Auxerre, ne parviennent pas à se sentir sereins tant que cette période critique n'est pas passée.
Philippe Richard, un producteur basé à Augy, a observé des dégâts significatifs sur ses cerisiers. "Nous avons des variétés à floraison précoce qui ont subi des pertes de près de 80 %. Actuellement, nous assistons déjà à une baisse de 40 % de la récolte. Nous espérons éviter une nouvelle vague de chaleur et espérer des conditions favorables pour favoriser une fin de floraison réussie", a-t-il souligné. Il constate également un impact croissant du changement climatique sur sa production, se traduisant par des printemps précoces et des gelées tardives. "L'avenir réside probablement dans la recherche génétique pour obtenir des variétés à floraison plus tardive", estime-t-il.
La crainte des variations de températures
A quelques kilomètres à Coulange-la-Vineuse, Marc-Antoine Moussu, producteur dédié aux cerises, confie : "Je consulte la météo quotidiennement". Ayant jusqu'à présent été épargné par les dernières gelées, il redoute toutefois les variations de température d'ici la récolte. "Avec les chaleurs actuelles, les fruits se développent rapidement, mais une chute des températures pourrait freiner ce processus, risquant de compromettre notre production", avertit-il. Ce dernier rappelle aussi que des gelées peuvent encore se produire jusqu'à la mi-mai, coïncidant avec les Saints de glace. Les premières récoltes de cerises dans ces vergers du sud d'Auxerre sont attendues à la fin du mois de mai. Selon une étude récente de Météo-France, les agriculteurs devront s'adapter à ces changements climatiques pour garantir la pérennité de leur activité, ce qui nécessite une réelle transformation de leurs pratiques agricoles. La vigilance est de mise dans un contexte climatique particulièrement incertain.







