Privée de soutien de la PAC après une erreur administrative, Marine Gabarrou souhaite qu'une cagnotte en ligne l'aide à traverser une période difficile, marquée par des intempéries dévastatrices en Charente-Maritime.
Les difficultés ont commencé avec les tempêtes incessantes de l'hiver dernier. « Mes plants ont beaucoup souffert et les conditions de travail étaient très compliquées », raconte Marine Gabarrou, maraîchère biologique installée près de Saintes, en Charente-Maritime. Elle précise que ses champs, situés à Corme-Royal, ont été particulièrement affectés par un épisode neigeux au début janvier. « Cela a aggravé la situation », ajoute-t-elle, alors qu'elle gère seule son exploitation.
Par la suite, comme beaucoup d'agriculteurs, elle a également subi de graves inondations en février. « J'avais de l'eau partout, même dans mes serres. Mon activité avait pris de l'élan à l'automne, mais j'ai rencontré des difficultés pour satisfaire ma clientèle cet hiver. Mes champs étaient quasiment vides », regrette-t-elle. Son modèle de vente repose sur un « drive fermier » où les clients composent leurs propres paniers.
Une parcelle mal catégorisée et l’aide s’envole
Tout se complique avec une mauvaise gestion administrative qui la prive de l'aide prévue par la PAC pour le petit maraîchage. « J'avais déclaré une parcelle cultivée alors que ce n'était pas le cas. Bien que j'avais l'intention de l'utiliser, les conditions météorologiques ne me l'ont pas permis. En octobre dernier, un inspecteur m'a informée que cela n'aurait pas d'impact sur mon aide, mais en réalité, j'avais prévu de recevoir 1 800 euros en mars, qui ne viendront pas », explique Marine. Elle reconnaît sa part de responsabilité, mais souligne que si elle avait été avertie, elle aurait modifié la catégorisation de sa parcelle.
Selon la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) de Charente-Maritime, cela signifie qu'elle se retrouve avec une proportion de deux tiers de surface en maraîchage et un tiers en prairies, ce qui entraîne une aide PAC totalement nulle.
« C’est un mois où nous avons beaucoup de factures à payer »
En évoquant l'état de ses cultures, Marine souligne qu'elle est passée de 30 % à 33 % de surface cultivée, une situation qu'elle attribue à son manque de connaissances. Pour tenter de surmonter cette crise, elle a mis en place une cagnotte en ligne à la fin de mars. « Ce mois nécessite beaucoup de dépenses : semences, plants, cotisations, etc. J’en appelle à la générosité des gens pour espérer réduire le montant d'un emprunt bancaire », confie-t-elle.
Pour aggraver les choses, elle a découvert que sa motobineuse est irréparable. Malgré ces défis, elle reste motivée. « C’est difficile, mais cela me pousse à innover pour améliorer ma production », conclut Marine avec détermination.







