Le camping des Acacias à Hendaye, une institution familiale fondée en 1968 par la famille Picabea, s'apprête à vivre une transformation radicale suite à sa mise en vente. La décision, prise par Jon Picabea, l’actuel héritier, fait l'effet d'une tempête parmi les 369 résidents, qui se sont vu indiquer qu'ils devront laisser les lieux d'ici fin 2026.
"C'est un coup dur", confie Sophie, l'une des résidentes qui se bat pour préserver cet endroit, devenu un véritable trésor familial au fil des ans. Le camping, qui n'accueille plus de campeurs temporaires depuis 15 ans, voit ses occupants s'organiser en collectif pour contester cette décision unilatérale. La découverte de la vente a pris tous les résidents de court, et la colère gronde.
Dans un contexte sensible, les résidents expriment leur frustration face à une communication qui, selon eux, laissait entrevoir des possibilités de reprise sans changement notable. "On nous a promis que l'esprit familial du camping serait préservé", déclare Philippe, député des résidents. Certains d'entre eux ont investi leurs économies dans des mobil-homes, avec l'idée de profiter longuement de ce coin de paradis.
Un avenir incertain
Le nouvel acheteur, un homme d’affaires possédant plusieurs campings, prévoit de transformer les Acacias en un complexe touristique de la marque Yelloh! Village, modifiant ainsi la vocation principale de ce lieu cher à ses habitués. Les résidents craignent de perdre non seulement leur habitat, mais aussi une communauté soudée qu'ils ont bâtie au fil des années.
Jon Picabea, de son côté, reconnaît les sentiments de frustration et se dit prêt à aider : "Nous allons accompagner chacun des résidents à la recherche de solutions". Cela inclut la possibilité d’étudier des compensations financières pour ceux qui ont récemment investi dans leur mobil-home. Une promesse que plusieurs occupants, déjà éprouvés par cette tornade, scrutent avec méfiance.
Mobilisation des occupants
Afin de préserver leurs droits, une partie des résidents a décidé de faire appel à l'association Alda, dédiée à la défense des locataires. Céline, aide-soignante et résidente, soutient : "Il est crucial que notre collectif confrontent ces nouvelles réalités et déploient toutes les voies de recours possibles pour sauvegarder nos intérêts".
Le contrat de location pour les emplacements, qui court jusqu'à la fin de l'année 2026, laisse aux résidents jusqu'au 31 décembre pour se retourner. "Nous faisons face à une pression énorme", conclut Josiane, une autre résidente. "Nous ne nous arrêterons pas ici, car ce lieu est et sera toujours notre chez-nous." Alors que la vente n'est pas encore finalisée, la période qui approche sera décisive pour l'avenir du camping des Acacias et de ceux qui l'appellent maison.
(1) ICI Pays Basque a tenté de joindre le nouvel acquéreur pour obtenir son point de vue, sans succès pour le moment.







