Depuis le 3 mars 2026, treize coiffeuses du salon Sabadou & Jade, situé au 65 boulevard de Strasbourg à Paris, observaient une grève pour faire entendre leurs revendications. Ces employées, souvent en situation administrative précaire, dénoncent des salaires non versés et l'exigence de payer 250 euros en liquide pour obtenir leurs fiches de paie. Elles ont pris d'assaut leur lieu de travail, maintenant une occupation ininterrompue pour faire face à des mois de salaires impayés et à des conditions de travail jugées indignes.
Le propriétaire du salon, Christian Sibidé, a formellement contesté ces accusations, déclarant à l'AFP : "Tout est faux. J’ai voulu aider ces femmes et cela se retourne contre moi." Cependant, la réalité semble bien plus complexe, reflétant une problématique plus large au sein du secteur. Grâce au soutien de la CGT, les coiffeuses ont entamé des discussions avec la préfecture. Ce résultat préliminaire pourrait mener à la régularisation de leur situation, tandis que l'inspection du travail a ouvert une enquête pour faire la lumière sur leurs allégations.
Le 9 avril, une journée de soutien a rassemblé militants, riverains, politiques et syndicats devant le salon pour montrer leur solidarité envers ces femmes en lutte. Bintou Porogo, 33 ans, réfugiée de Côte d’Ivoire et employée du salon depuis 2021 après avoir fui un mariage forcé, témoigne de la force unanime qui unit les coiffeuses dans cette épreuve. Son récit, représentatif de nombreuses histoires similaires, démontre la résilience d'une communauté prête à se battre pour ses droits.







