Ce mardi 21 avril, un moment chargé d'émotion s'est vécu à Sérémange-Erzange (Moselle) avec la démolition de l'une des trois tours à charbon de la cokerie. Avec cette destruction, c'est un chapitre symbolique de l'histoire sidérurgique locale qui s'efface, laissant les habitants en proie à la nostalgie.
Fermée depuis 2020, cette cokerie, un jour fleurissante sous la direction de Sollac, puis d'ArcelorMittal, voit s'évanouir ses derniers témoins. À 15 h 20, entourée d'une vingtaine de curieux, la tour, peinte aux couleurs bleu et gris, a été dynamitée, disparaissant dans un nuage de poussière.
Christian, un habitant, assiste à ce moment avec une certaine tristesse. "C’est triste de voir ça. Toute la Lorraine tombe", confie-t-il. Avec une carrière chez ArcelorMittal, il a même passé deux ans à la cokerie en tant qu'agent de sécurité. "C’est notre vie qui part. Ça fait quand même un petit pincement au cœur. Toute ma famille travaillait là-bas : mon père, mon cousin, mon oncle…"
Une usine sans ouvriers est une usine morte
Inaugurée en 1948 grâce à l'initiative du groupe Sollac, puis devenue propriété d'ArcelorMittal, cette usine a fermé ses portes en 2020, un événement marquant profondément la communauté. Christian se souvient : "Quand l’usine a fermé, les commerces ont suivi. À côté, il y avait un grand garage Peugeot : il n’existe plus aujourd’hui".
Pour lui, la destruction de la tour équivaut à une seconde fermeture. "Une usine sans ouvriers est une usine morte. Tout rouille, la pollution s’installe… alors on finit par la démonter", affirme-t-il avec une lucidité frappante.
Bien que cette tour ait disparu, les grandes cheminées blanches et rouges restent encore en place. "Le jour où elles tomberont, là, ça me fera un gros coup", conclut-il, laissant anticiper les émotions futures de cette communauté profondément attachée à son patrimoine industriel.







