Emmanuel Macron se rend ce lundi en Ariège, un déplacement axé sur la réindustrialisation et la santé, avant de se rendre à Andorre pour deux jours de discussions, durant lesquels la question de l'avortement sera au cœur des débats.
La première étape de sa visite sera Lavelanet, où il inaugurera l’usine Occitanie Géotex, dédiée à la production de géotextiles à partir de matières premières locales telles que le chanvre et la laine. Cette initiative, prévue pour démarrer en fin d’année, incarne la politique de réindustrialisation du Président, mise en avant par l'Élysée.
La semaine précédente, lors d'un déplacement dans l'Allier, Emmanuel Macron a dévoilé un plan de réindustrialisation comportant 150 projets stratégiques, inspiré par la reconstruction de Notre-Dame de Paris pour simplifier et accélérer les procédures administratives.
Le Chef de l’État se rendra ensuite sur le site hospitalier de Lavelanet, premier établissement entièrement reconstruit sous le Ségur de la santé de 2020. L'objectif est de sensibiliser la population à la lutte contre la faible densité médicale en région Occitanie.
Après cette étape, direction Andorre-la-Vieille, où il sera présent jusqu’à mardi. En tant que coprince d’Andorre, une fonction qu’il partage avec l'évêque d'Urgel, Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat, Emmanuel Macron respecte une tradition établie par Charles de Gaulle, qui incite chaque président à se rendre dans la principauté durant son mandat.
Lors de sa précédente visite en 2019, il avait déjà évoqué la question délicate de l'avortement. Aujourd'hui, Andorre, avec le Vatican, est l'un des rares États européens à interdire totalement l'interruption volontaire de grossesse (IVG), même dans des situations de viol, d'inceste, ou lorsque la vie de la mère est en danger. En cas de non-respect, femmes et médecins encourent des peines de prison, bien qu'aucun procès n'ait encore eu lieu.
Xavier Espot Zamora, le chef du gouvernement andorran, a exprimé récemment son espoir de voir l'IVG dépénalisée d'ici un an, sans pour autant envisager sa légalisation. Cette question est complexe, car tout changement nécessite des négociations avec le Saint-Siège.
« Si nous n'avons pas encore dépénalisé l'IVG, ce n'est pas dû à une société plus conservatrice qu'en France ou en Espagne, mais à des réalités politiques uniques », a clarifié Espot Zamora.
Emmanuel Macron devrait aborder ce sujet lors d'une adresse aux Andorrans, tout en prévoyant des discussions directes sur l’IVG avec ses interlocuteurs locaux, selon l'Élysée. La France, rappelons-le, est devenue en 2024 le premier pays à inscrire le droit à l'avortement dans sa Constitution, affirmant ainsi son engagement pour les droits des femmes.
D'autres thèmes comme l'accord d'association avec l'Union européenne, qui nécessitera un référendum en Andorre, seront également évoqués. Emmanuel Macron a l'intention de pousser Andorre à avancer dans ce domaine pendant son séjour.
La principauté, célèbre pour ses stations de ski et sa fiscalité attractive, a mis fin en 2010 à son statut de paradis fiscal, établissant des taux d'imposition plus raisonnables en accord avec les normes de l'UE.
Enfin, Emmanuel Macron projette de s'intéresser à la transition écologique lors d'une visite d'une centrale hydroélectrique, tout en visitant des établissements scolaires, dont le lycée français Comte de Foix. Il sera également honoré de la Croix des Sept bras, la plus haute distinction andorrane.







