Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), a annoncé que les prix des carburants continueront à être "extrêmement élevés" tant que le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle pour le transport de pétrole, sera bloqué. Bien qu'il ait écarté tout risque de pénurie imminente, Gantois a précisé que les consommateurs français peuvent s'attendre à un approvisionnement régulier jusqu'à fin mai.
Actuellement, le prix du gazole a augmenté de 60 centimes et celui de l'essence de plus de 30 centimes par rapport à la période précédant le conflit au Moyen-Orient. Selon Gantois, bien que les prix aient récemment montré des signes de stabilisation, ils demeurent très élevés. "Tant que le détroit d'Ournuz reste bloqué, nous serons confrontés à des prix élevés," a-t-il déclaré sur Franceinfo.
La semaine passée, les prix ont légèrement baissé, avec une diminution de 7 centimes pour le litre de gazole, tandis que l’essence sans plomb a connu une baisse de 1,2 centime. Cette tendance est attribuée à une légère désescalade des tensions géopolitiques entre l’Iran et les États-Unis, qui ont contribué à une baisse des cours du pétrole, le baril de Brent se traduisant par une réduction de 8 dollars.
Cependant, les automobilistes craignent une pénurie potentielle. Patrick Pouyanné, le directeur de TotalEnergies, a mis en garde contre le risque d'"une ère de pénurie énergétique" si la situation persiste encore quelques mois. Dans une note optimiste, Emmanuel Macron a tenté de rassurer, affirmant que la situation actuelle ne prédit aucune pénurie.
Les préoccupations de Gantois demeurent plus nuancées. Il évoque un manque de "7 millions de barils par jour" à l’échelle mondiale et des difficultés potentielles après le mois de mai, malgré l'approvisionnement stable attendu pour les semaines à venir. "Il est tout à fait possible de contourner le blocage d'Ormuz, bien que cela reste un défi," a-t-il déclaré, ajoutant que la création d'une pénurie serait rapidement alimentée par un comportement d'achat excessif des consommateurs.
Enfin, en ce qui concerne les marges de distribution, Gantois a rappelé qu'un document gouvernemental initial avait sous-estimé la situation, précisant que les marges des distributeurs n'avaient finalement pas été aussi élevées que suggérées, oscillant plutôt entre "1 et 2 centimes par litre".







