L'Union européenne rassure en affirmant que ses États membres ne connaissent pas de pénurie de kérosène. Toutefois, lors d'une réunion le 8 mai, Bruxelles a évoqué l'idée d'adopter le Jet A, un carburant américain, en réaction à la guerre entre Israël et l'Iran, qui soulève des inquiétudes sur l'approvisionnement mondial.
L'aviation européenne pourrait bientôt se tourner vers le Jet A. Cette alternative est sérieusement envisagée par les autorités européennes, alors que le conflit au Moyen-Orient augmente les préoccupations sur l'approvisionnement en kérosène, comme le souligne l'article de Midi Libre.
Lors de cette réunion, l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a déclaré que l'utilisation du Jet A ne poserait pas de problèmes de sécurité en Europe. Selon l'agence, "le Jet A est couramment utilisé pour les vols aux États-Unis et au Canada, et son adoption en Europe ne devrait pas poser de risques, à condition d'une introduction bien gérée". Cependant, l'AESA a aussi averti qu'utiliser simultanément les deux carburants pourrait engendrer des risques opérationnels.
Quelles différences entre le Jet A et le Jet A-1 ?
Actuellement, le Jet A n'est pas employé en Europe, sauf pour des vols en provenance des États-Unis. Ses caractéristiques présentent certaines lacunes par rapport au Jet A-1, le standard européen. La principale divergence réside dans leur résistance aux basses températures : tandis que le Jet A-1 supporte des températures jusqu'à -47 °C, le Jet A ne peut pas descendre en dessous de -40 °C. Une variation qui peut être déterminante dans l'aviation commerciale, où des températures extrêmes peuvent survenir.
De plus, le Jet A ne contient pas l'additif antistatique présent dans le Jet A-1, un composant crucial pour éviter l'accumulation de charges électriques pendant le ravitaillement, ce qui pourrait entraîner des risques d'étincelles et d'incendie.
Pénurie ou inquiétude?
Les 27 pays de l'Union européenne insistent sur le fait qu'il n'existe pas de pénurie de kérosène. Le gouvernement français, par la voix du ministre de l'Économie, Roland Lescure, a affirmé qu'il n'y a "aucune crainte" de pénurie en mai et juin. Alors, pourquoi considérer cette transition vers le Jet A ?
Matteo Mirolo, spécialiste du transport aérien, souligne que le problème n'est pas tant une question de disponibilité que de coût. Avant le déclenchement des tensions, environ 20 % du kérosène consommé en Europe provenait du détroit d'Ormuz. L'augmentation des prix a conduit plusieurs compagnies aériennes, notamment à bas coûts, à réduire leur nombre de vols.
À long terme, Bruxelles se tourne également vers le développement de carburants d'aviation alternatifs, d'origine non fossile (SAF). "La crise actuelle devrait inciter les États à investir dans les SAF pour des raisons économiques et de souveraineté énergétique", explique Mirolo.
Si la situation perdure, l'UE envisage de coordonner la libération de stocks d'urgence et un partage volontaire du kérosène entre les États membres.







