Le constructeur automobile Stellantis a récemment dévoilé un projet audacieux : à partir de 2028, il lancera des petites voitures électriques, appelées "e-cars", fabriquées en Italie. Ce lancement marque un retour aux sources pour ce géant de l'industrie, permettant d'adresser un marché axial : celui des mini-citadines.
Les e-cars, qui seront produites principalement à Pomigliano d'Arco, à proximité de Naples, seront commercialisées sous diverses marques du groupe, incluant Peugeot, Citroën et Fiat. Cette initiative répond à une volonté de raviver l'engouement pour les véhicules urbains compacts, particulièrement après une période où des modèles plus coûteux ont dominé le marché. La production dans cette usine avait considérablement contribué au succès de la Fiat Panda, un modèle emblématique.
Depuis maintenant quatre ans, Stellantis a observé une perte de parts de marché en Europe, une situation que ce projet vise à corriger. L'objectif est de reconquérir les consommateurs européens avec des véhicules proposés à des prix compétitifs, tout en intégrant des "designs innovants" et des "technologies électriques de pointe".
Un retard à combler sur le marché des véhicules électriques
En matière de véhicules électriques accessibles, Renault a pris les devants avec des modèles comme la Twingo, introduite récemment à environ 15 000 euros, primes déduites. Bernard Jullien, expert du secteur automobile à l'Université de Bordeaux, souligne que Stellantis doit "taper plus bas", une stratégie qui pourrait bouleverser la dynamique actuelle. Selon lui, "la e-car représente un modèle compact et innovant, dans la lignée de la tradition européenne de la mobilité accessible".
Cette initiative permettra à Stellantis de se conformer aux exigences croissantes de l'Union européenne, qui impose un pourcentage croissant de ventes de véhicules électriques, une situation qui devient encore plus favorable pour les petits modèles ayant un prix accessible.
Une attention grandissante sur le prix
Le contexte économique a vu plusieurs modèles électriques désormais proposés à moins de 20 000 euros. Récemment, grâce à des incitations gouvernementales et à des remises, des véhicules comme la Citroën e-C3, fabriquée en Slovaquie, sont apparus sur le marché à des prix tournant autour de 13 000 euros, primes déduites.
Dans le cadre de cette dynamique, un modèle intéressant est la T03 électrique de Leapmotor, dont le succès en Europe repose sur son prix catalogue en dessous des 20 000 euros. En Italie, elle a même été commercialisée à moins de 5 000 euros, grâce à des primes exceptionnelles.
Une nouvelle approche
Bernard Jullien évoque la vision de Stellantis, qui envisage les e-cars à un prix catalogue oscillant entre 10 000 et 15 000 euros : "Il s'agit d'une stratégie qui implique des prix de production beaucoup plus bas pour permettre des remises substantielles". Cette approche pourrait permettre la vente en volume et ainsi regagner des parts de marché perdues. Jullien remarque également : "Il est fascinant de voir un constructeur s'engager sérieusement dans cette voie, ce que d'autres n'ont pas su faire".
En se concentrant sur le segment A, les plus petites voitures en Europe, Stellantis s'ouvre vers un marché qui avait presque disparu de ses catalogues. Les modèles tels que les Peugeot 101 et 108, vendus à des tarifs autour de 10 000 euros, pourraient retrouver une seconde jeunesse grâce à cette initiative.







