Lors d'une récente conférence à Paris, la présidente du Groupe d’action financière (Gafi), Elisa de Anda Madrazo, a insisté sur la nécessité pour les nations de collaborer étroitement afin de s'attaquer au blanchiment d'argent et au financement du terrorisme. "Les terroristes ignorent les frontières et exploitent toute faiblesse. Nous n'avons plus le luxe de rester isolés; coopération et échange d'informations sont désormais essentiels", a-t-elle affirmé.
Cette déclaration a été faite en marge d'une réunion des ministres des Finances du G7, soulignant l'urgence d’une approche multilatérale face à un phénomène de plus en plus décentralisé. Les menaces terroristes prennent des formes variées, et la présidente du Gafi a mis en avant des exemples récents, tels que l’interception d'attaques liées aux Jeux Olympiques de 2024 en France, pour illustrer l'efficacité d'une meilleure intelligence financière.
Un défi de taille face à des approches multilatérales fragilisées
De Anda Madrazo a fait ces déclarations alors que la coopération internationale rencontre des obstacles, exacerbés par les tensions au niveau mondial, notamment entre les États-Unis, la Russie et la Chine. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a également souligné l'importance du soutien aux sanctions contre l'Iran, bien que ce sujet ne soit pas entièrement lié à la lutte contre le financement du terrorisme, selon des sources gouvernementales françaises.
Le Gafi, basé à Paris, joue un rôle crucial en élaborant des normes et en coordonnant les efforts des États membres pour contrer ces enjeux complexes. L’appel à l'unité est d'autant plus pertinent compte tenu de l'évolution des circuits de financement, qui ont changé depuis 2018 avec une tendance vers la décentralisation.
Des experts et des agences comme Europol observent une fragmentation des menaces, avec un passage d'organisations centralisées comme al-Qaida et l'État islamique vers des cellules isolées agissant indépendamment. Cette dynamique pose des défis importants, notamment l'intégration de nouvelles technologies et de systèmes financiers digitaux qui compliquent la détection des flux suspects.
"Les mécanismes traditionnels doivent s’adapter à cette nouvelle réalité", a averti Elisa de Anda Madrazo. Elle a fait un constat alarmant : "Nous sommes confrontés à une architecture économique en mutation rapide où les outils d'hier pourraient ne pas être suffisants face à la menace actuelle. Collaborer et partager les meilleures pratiques est non seulement souhaitable, mais nécessitée par ces temps troublés".







