Cette décision a été prise rapidement, suivie par des négociations discrètes. "Après une évaluation approfondie et au vu du contexte régional actif, l'Esports Foundation a décidé d'accélérer cette ambition de rotation internationale à partir de l'édition 2026," a déclaré un communiqué.
Des échanges entre les dirigeants, Mohammed Ben Salman et Emmanuel Macron, ont entériné ce changement. L'Arabie saoudite devait initialement organiser cette compétition du 2 au 29 novembre à Riyad. Cependant, la guerre entre l'Iran et les États-Unis, ainsi que ses conséquences sur la région, ont conduit le pays à renoncer à cet événement destiné à affirmer son influence dans le monde du jeu vidéo.
Vingt ans après la première Esports World Cup, également tenue à Paris, la France prend ainsi les rênes de l'Esports Nations Cup, rassemblant 32 nations sur divers jeux.
Les nouvelles dates de la compétition sont fixées au 6 juillet au 23 août, tout en maintenant le même format de qualifications et de tournoi final.
"C'est vraiment Macron qui a obtenu l'événement, confie une source proche à BFM Tech. Ses bonnes relations avec MBS ont été décisives pour devancer d'autres candidats. "
Le Grand Palais de Paris, des Jeux olympiques aux Jeux esport
C'est à Paris que se tiendra l'ENC. Bien que l'Accor Arena ait déjà accueilli de grands événements e-sportifs, un lieu encore plus emblématique pourrait accueillir cette compétition. Des sources évoquent l'idée d'un événement au Grand Palais, tout en précisant que le choix du site final n'est pas encore fixé.
Ce monument, véritable symbole des Jeux Olympiques de 2024, ancrera l'ENC dans une tradition sportive prestigieuse, soulignant les aspirations vidéoludiques de cette compétition.
Les organisateurs doivent maintenant s'attaquer à la promotion de l'événement "jusqu'en Chine". "Le fait que ce soit en Europe rend les choses beaucoup plus accessibles," explique une source. "Le monde entier sera au courant."
Avec son passé dans le milieu de l'esport, la France se positionne sur la scène internationale. Lors d'une réception à l'Élysée dédiée à l'esport français, le président Macron avait promis d'attirer des événements d'envergure dans le pays.
Après l’accueil d’un Major Counter Strike : GO en 2023, couronné par la victoire de Team Vitality, la France s'apprête à organiser d'autres compétitions de renom telles que les finales européennes de League of Legends en 2024 et les mondiales de Fortnite, Rocket League, et Valorant en 2025, ainsi que le Six Invitational cet hiver. De plus, Nice accueillera, pour la première fois en Europe, l’Evolution Championship Series (EVO) en octobre prochain.
"La France, 3e pays esports au monde"
Selon des études dévoilées par BFM Tech, l'EVO aurait généré près de 11 millions d'euros pour Nice. Un mois de compétition à Paris pourrait générer 300 à 400 millions d'euros, voire bien plus dans le long terme.
Un tel événement renforcera la présence de la France sur la scène mondiale de l'esport, un domaine où elle brille grâce à ses équipes, ses fans et une communauté en plein essor. "La France est le troisième pays au monde en matière d'esport," a déclaré Robbie Beck, CEO de Blast. "Elle possède de grandes équipes et un public passionné, sans oublier une qualité exceptionnelle dans l'organisation d'événements."
Accueillir l'Esports Nations Cup résonne comme une reconnaissance politique du secteur, soutenue par des représentants français de talent tels que Vitality, Gentle Mates et Karmine Corp. La France aspire à devenir un acteur majeur sur la scène mondiale de l'esport, saisissant une occasion historique pour marquer son empreinte durable dans cet univers.







