Des tranchées ukrainiennes aux abords des aéroports, l'augmentation de l'utilisation des drones incite les leaders du secteur de la défense à explorer de nouveaux marchés. MBDA adapte son traditionnel bouclier pour des applications civiles, tandis que Naval Group ajuste son offre pour répondre aux exigences spécifiques de l'armée de terre.
Lors du salon international de la défense Eurosatory, MBDA a présenté son innovant bouclier antidrones Sky Warden, conçu pour établir "une bulle de protection de 7 km" autour d'infrastructures sensibles telles que les aéroports, les centrales nucléaires et les prisons.
Cécile Macé, responsable de la lutte contre les drones au sein de MBDA, a souligné que le développement de ce système n’a pas été influencé par les récents conflits. "Sky Warden, en version militaire, a déjà trouvé preneur au Moyen-Orient et en Europe", a-t-elle déclaré.
La nécessité d'un dispositif de protection anti-drones s’est intensifiée depuis la dernière édition d'Eurosatory en 2024, avec la multiplication des incursions dans des espaces aériens commerciaux à Munich, Copenhague et Oslo, créant des interruptions significatives dans le trafic aérien.
Dans ce secteur en pleine expansion, Sky Warden se distingue face à d'autres solutions comme SkyDefender, développé par Thales, qui propose une défense aérienne multicouche.
Au cœur de Sky Warden se trouve un système de commandement et de contrôle sophistiqué, servant d'interface entre divers capteurs (radars, caméras, détecteurs radiofréquences). Une fois une menace détectée, plusieurs méthodes de neutralisation peuvent être appliquées selon la nature du danger.
MBDA met également en avant les systèmes à énergie dirigée, tels que les armes laser développées par Cilas, une entreprise française co-détenue avec Safran, qui ont déjà trouvé leur place lors des Jeux Olympiques de Paris et sont en cours de déploiement auprès des forces françaises.
L'entreprise projette d'atteindre une première capacité opérationnelle d'ici fin 2026, avec des ambitions de production atteignant jusqu'à mille unités par mois.
"Notre système est entièrement modulaire et adaptable" a noté Cécile Macé, ouvrant la porte à des intégrations personnalisées pour les clients. Sky Warden pourrait également voir le jour sous une version navale, la Sea Warden, pouvant être intégrée sur des vaisseaux.
Du côté de Naval Group, le système Rampart, conçu comme un "système d'autodéfense en champ proche", évolue. Initié pour les bâtiments de combat, il est dorénavant retravaillé pour s'adapter aux impératifs des forces terrestres. Ce système a été testé récemment par la Marine nationale et servira à sécuriser des zones sensibles en fournissant une protection sur un périmètre de près de huit kilomètres.
Visible au salon Eurosatory sur un camion terrestre d'Arquus, Rampart est équipé de quatre modules pouvant charger divers types d'armements, incluant roquettes, drones et leurres. Guillaume Fevre, directeur commercial de Naval Group, a affirmé : "Nous serons prêts pour l'industrialisation d'ici fin 2026-début 2027".
Stephan Meunier, directeur marketing opérationnel de Naval Group, a précisé : "Ce système pourra engager une multitude de cibles, qu'il s'agisse de défenses anti-aériennes ou d'attaques au sol, tout en protectant des tranchées contre d'éventuels drones ennemis”.







