Depuis l'été 2025, des plongeurs de la gendarmerie française parcourent les cours d'eau à la recherche de véhicules immergés. Cette initiative innovante a déjà conduit à la découverte de plusieurs corps.
Les automobiles perdues, invisibles depuis la surface, peuvent rester enfouies pendant des décennies. Avec le projet LETHE, nommé d'après le fleuve de l'oubli de la mythologie grecque, les autorités s'engagent dans une opération d'exploration des rivières, fleuves et étangs français, visant à retrouver ces épaves. L'enjeu ? Élucider des disparitions parfois très anciennes.
L’initiative a vu le jour après qu'une découverte fortuite en Bourgogne a révélé une voiture repérée par sonar, renfermant des ossements humains. Ce véhicule appartenait à un individu porté disparu depuis 1984, un événement qui a agi comme un électrochoc pour les forces de l’ordre. Aujourd'hui, près de 120 gendarmes se relaient pour plonger à travers la France.
Leur mission est délicate et exigeante. Grâce à des appareils sonar, ils identifient des dizaines d'épaves le long de certains tronçons de rivières. Toutefois, les plongées se déroulent dans des conditions difficiles : obscurité totale, eaux glaciales et forts courants. Le défi consiste aussi à déblayer des couches de vase en veillant à préserver d'éventuelles preuves.
Comme l'affirme Marie Céline Lawrysz, procureure adjointe au pôle cold cases de Nanterre, même des décennies après, chaque détail peut s'avérer précieux : "Un corps parle toujours". Dans de nombreuses enquêtes, le manque de corps empêche de qualifier les circonstances d'une disparition.
Accidents, suicides ou crimes, chaque épave cache une énigme à résoudre. En quelques mois, plusieurs corps ont été découverts, permettant non seulement de faire avancer des enquêtes mais aussi de mettre un terme à des années d'incertitudes. Ramener un corps à la surface, c'est aussi le sortir de l'oubli.
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