Environ quarante avocats du barreau de Dijon se sont rassemblés, ce lundi, devant la cité judiciaire pour exprimer leur opposition au projet de réforme de la justice présenté par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Ce collectif dénonce spécifiquement l'introduction d'un 'plaider-coupable' criminel.
Cette mobilisation s'inscrit dans le cadre d'une grève illimitée qui s'est amorcée le 6 avril. Les avocats, vêtus de robes noires, ont brandi une banderole proclamant 'avocats en grève'. Parallèlement, une vingtaine de leurs collègues a montré leur soutien devant le Sénat à Paris, où la réforme est actuellement examinée, suscitant une forte opposition parmi les représentants de la profession.
L'instauration d'un 'plaider-coupable' criminel suscite particulièrement la colère des avocats. Ce dispositif permettrait une négociation de peine entre le parquet, l'avocat de l'accusé et celui de la victime, avec une audience d'homologation qui pourrait durer moins d’une demi-journée, contre plusieurs jours pour un procès traditionnel. Les avocats craignent cette simplification des procédures, mettant en péril la qualité de la défense et l'accès à la justice.
Dominique Clément, avocate à Dijon et membre du Syndicat des Avocats de France (SAF), a déclaré : 'Ce système crée une justice à deux vitesses. Les riches pourront se permettre d'attendre un procès classique, tandis que les plus démunis seront incités à opter pour une reconnaissance rapide de culpabilité'.
Des procédures retardées à Dijon
Les avocats reprochent également au ministre de la Justice de ne pas avoir consulté la profession au préalable. Dominique Clément a ajouté : 'Il serait préférable que le ministre engage le dialogue avant de soumettre un texte au vote.'
La grève a des répercussions visibles sur le système judiciaire local. Selon Léa Jacquemin, avocate à Dijon et représentante de l'Union des Jeunes Avocats (UJA), l'absence des avocats lors de certaines procédures pénales entraîne des retards, contribuant à une congestion du système : 'Nous cherchons à faire entendre notre voix, même si cela signifie engorger le processus pénal. Il n'y a pas d'autre moyen efficace pour obtenir de l'attention sur nos préoccupations'.
Alors que les avocats poursuivent leur mobilisation, l'avenir de la réforme judiciaire reste incertain, avec des appel à des discussions plus ouvertes entre le gouvernement et la profession.







