En décembre 2025, Frédéric Péchier est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir empoisonné volontairement 30 patients au sein de deux cliniques à Besançon, dont douze ont perdu la vie. Cet ancien médecin nie fermement les accusations et a interjeté appel, un nouveau procès devant se tenir dans quelques mois. Étienne Manteaux, le procureur à l'origine de cette enquête complexe, fait des révélations inédites dans le podcast Les Voix du crime.
Nous sommes en septembre 2018, à Besançon. Étienne Manteaux commence en tant que procureur et hérite du dossier Péchier : un anesthésiste soupçonné d’avoir commis des empoisonnements sur sept patients. "Il m'a fallu plusieurs mois pour appréhender toutes les facettes de cette affaire, tant les enjeux étaient conséquents", confie le magistrat.
Dès l’automne 2018, Manteaux consacre ses soirées à cette affaire, qui s'agrandit avec plus de 80 autres suspicions d'empoisonnements. Un collège d'experts médicaux, comprenant anesthésistes, médecins légistes et toxicologues, est constitué pour examiner les preuves. "Ces spécialistes ont analysé chaque cas afin d'identifier les faits potentiellement concernés par des empoisonnements", précise le procureur.
En mai 2019, Péchier est mis en examen pour 17 autres cas. Malgré son parcours reconnu et son talent, il est rejeté par la profession. Étonnamment, il évite la détention provisoire, ce qui suscite l'agacement de Manteaux, qui, avec du recul, comprend la nécessité de cette décision pour garantir la bonne marche du procès.
Cette affaire, marquée par des enjeux à la fois humains et judiciaires, suscite de vives réflexions sur la déontologie médicale et les limites de la confiance placée dans des professionnels de santé. Des experts, tels que le Dr. Émilie Duval, spécialiste en éthique médicale, soulignent l'impact de ce type d'affaires sur la perception du corps médical, renforçant la méfiance du public envers les praticiens. Alors que le procès en appel se profile, les questions demeurent : comment un tel drame a-t-il pu se produire et qu'en sera-t-il finalement de la réputation d'un métier indispensable ?







