Une communauté en larmes pour Sylvie Godard
Une semaine après l'assassinat tragique de Sylvie Godard par son ancien partenaire à Pierre-de-Bresse, sa fille Jennifer a pris l'initiative d'organiser une marche blanche. Le samedi dernier, près de 200 personnes se sont réunies pour honorer la mémoire de Sylvie et toutes les femmes victimes de violences conjugales. Jennifer a déclaré : "Il faut que ça s'arrête, tous les jours trois femmes se font harceler ou tuer, ça ne peut plus durer !".
Ce jour-là, Pascal Guyot, 66 ans, s'est introduit chez Sylvie armé d'une carabine avant de tirer deux balles mortelles, puis de mettre fin à ses jours. Ce drame a laissé la petite commune de moins de 2000 habitants dans un profond choc. La marche était aussi une façon de dire stop aux violences faites aux femmes, une demande résonnant dans le cœur de tout un village en deuil.
Avant le départ du cortège, Jennifer a pris la parole devant le domicile de sa mère : "C'était une femme souriante qui aimait danser". Elle a exprimé avec émotion comment sa mère a vécu sa dernière semaine dans la peur constante d'être reconnue par son ex-conjoint.
Des dénonciations et des luttes pour la justice
Jennifer a également critiqué les forces de l'ordre, qu'elle accuse de ne pas avoir pris au sérieux les appels à l'aide. "Nous avons appelé plusieurs fois, mais à chaque fois, c'était trop tard" a-t-elle déclaré. Elle a décidé de porter plainte contre le gendarme qui, selon elle, a mal géré l'appel du jour du drame.
Nombreux étaient ceux qui ont partagé leur colère et leur tristesse lors de cette marche. Un voisin, Richard, a également exprimé son indignation : "Ce n'est pas normal que des hommes frappent leurs femmes !" D'autres participants ont partagé des témoignages similaires, pour insister sur l'importance de se faire entendre et d'aider les victimes de violences domestiques.
Ludivine, elle-même témoin de violences conjugales dans son enfance, incitait à la libération de la parole : "Ne gardez pas le silence, parlez-en à quelqu'un, n'importe qui !" Cette approche collective vise à sensibiliser davantage à ce problème qui concerne malheureusement tant de femmes.
La réponse des élus et l'espoir de changement
La maire de Pierre-de-Bresse, Claudine Charvieux, a qualifié ce drame d'"séisme" dans sa commune, rappelant : "On ne pense pas que de telles choses peuvent arriver ici." Elle a exprimé le besoin urgent d'une vigilance accrue parmi les élus pour prévenir de telles tragédies à l'avenir.
Jennifer a promis de poursuivre son combat pour faire changer la justice concernant les violences faites aux femmes. Pour qu'aucune autre famille ne subisse un drame semblable, elle encourage toutes les victimes à s'exprimer et à chercher de l'aide, rappelant qu'un numéro de soutien, le 3919, est à leur disposition.







