Un résident de Joigny, âgé de 30 ans et originaire de Bulgarie, a été jugé mardi au tribunal de Sens pour des actes de proxénétisme. Les accusations portent sur le fait qu'il aurait contraint sa compagne, également bulgare, à se livrer à la prostitution entre 2024 et 2025.
Suite à une enquête, le couple a été appréhendé en mars 2026 par les gendarmes de Joigny. Lors de son audition, le prévenu a admis que sa compagne avait déjà exercé ce métier avant leur rencontre, mais s'est défendu en clamant ne jamais l'avoir forcée à se prostituer. "Je ne suis pas en accord avec cela", a-t-il déclaré, bien qu'il ait profité des revenus qu'elle en tirait.
Des preuves de son implication dans la prostitution
Les contre-interrogatoires révèlent une autre réalité. En garde à vue, la compagne a affirmé qu'il l'avait poussée à se prostituer jusqu'à ses trois mois de grossesse. Les investigations démontrent qu'il était celui qui l'emmenait systématiquement sur les lieux de prostitution et qu'il fournissait même des préservatifs pour ces activités. Un homme âgé de 84 ans de la région aurait même établi une relation durable avec elle, lui versant des sommes significatives, atteignant plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Pressions exercées sur sa compagne
Interrogé par la présidente du tribunal sur son incompréhension des événements tout en étant complice, le prévenu a peiné à justifier son comportement. L'enquête a révélé qu'il lui avait exercé des pressions considérables, allant jusqu'à la menacer de prendre leur fille pour partir en Allemagne si elle ne rapportait pas d'argent.
Le parquet réclame deux ans de prison ferme
La procureure, visiblement frustrée par les tentatives du prévenu de se présenter comme un partenaire compréhensif, a requis deux ans de prison ferme, accompagnés de deux ans avec sursis. "Le fait qu'il ait assuré la conduite jusqu'aux lieux de passe ne laisse pas penser qu'il avait le bien-être de sa compagne à cœur", a-t-elle souligné. L'avocate de la défense, Linda Beauxis, a critiqué cette approche en défendant son client, soutenant que la femme était adulte et avait pris ses propres décisions.
Au final, le tribunal a prononcé une peine de quinze mois de prison, tout en maintenant le prévenu en détention.
Des débats autour de la misère sociale et des enjeux de pouvoir dans les relations de couples vulnérables s'annoncent ainsi comme un écho à cette affaire regretable, qui rappelle l'importance de la sensibilisation à de telles problématiques dans notre société.







