Le 20 mai 2026, le tribunal judiciaire de Dijon a prononcé des peines sévères à l'encontre de deux chauffeurs routiers bulgares, après une saisie impressionnante de stupéfiants survenue début avril près de Beaune. Ce sont plus de 160 kilos de cannabis et de cocaïne qui ont été découverts dans leur camion.
Les faits remontent au 2 avril. À 3h35 du matin, lors d'une opération de contrôle sur l'A6, les douaniers interceptent un petit camion avec remorque. À son bord, deux chauffeurs d'une trentaine d'années, en route pour la Suède.
La fouille du véhicule a révélé d'abord 105 kilos d’herbe de cannabis, soigneusement dissimulés dans la remorque. Les douaniers ont ensuite trouvé 50 paquets de cocaïne, totalisant 58 kilos, cachés derrière la banquette arrière. Selon le représentant des douanes de la direction régionale de Dijon, "en 2025, les services ont saisi 400 kg de cocaïne et 2 tonnes d’herbe de cannabis. Cette saisie est donc considérable et représente plus d’un septième de la cocaïne interceptée l’an dernier.”
Des peines sévères et amendes faramineuses
Lors de leur procès, les deux chauffeurs ont prétendu ne pas être au courant de la présence de drogue. Leur défense n’a cependant pas convaincu le tribunal. Le premier a été condamné à trois ans de prison ferme, tandis que l’autre écopera de deux ans de prison. Les deux devront également payer plus de deux millions d’euros d’amende, équivalente à la valeur des stupéfiants saisis. De surcroît, ils ont été interdits de territoire français.
Un système judiciaire contesté
Florent Diaz, l'avocat d'un des chauffeurs, a exprimé ses préoccupations sur la nature des sanctions douanières, soulignant que celles-ci présument la responsabilité de la personne en possession de marchandises. “Cette logique s'éloigne du principe de présomption d’innocence que nous connaissons”, a-t-il déclaré. “C'est à l'accusé de prouver sa bonne foi, ce qui paraît injuste dans notre système judiciaire.”
Cette affaire soulève des questions sur les pratiques douanières et l’équilibre entre la lutte contre le trafic de drogue et la préservation des droits individuels. Alors que la France renforce ses mesures contre la criminalité organisée, des voix s’élèvent pour un examen critique des lois en vigueur.







