Environ 50 500 salariés de Samsung Electronics étaient prêts à se mobiliser en grève, menaçant ainsi d'amputer la croissance de la Corée du Sud de 0,5 point. Cependant, les syndicats ont décidé de suspendre ce mouvement, initialement prévu du 21 mai au 7 juin, après une relance des discussions avec la direction du groupe, comme rapporté par BFM TV.
Les négociations ont repris en fin d'après-midi le 20 mai, avec l'intervention du ministre du Travail, qui a salué la persévérance des deux parties à maintenir le dialogue jusqu'à la dernière minute. Le Samsung Electronics Labor Union (SELU) a confirmé la suspension de la grève et a annoncé qu’un retour au vote des membres sur un « accord salarial provisoire » se tiendra du 23 au 28 mai.
La direction et les représentants du personnel sont parvenus à un accord de principe concernant les salaires et les négociations collectives.
Les conséquences d'un échec des négociations auraient pu déséquilibrer l'économie sud-coréenne, car Samsung représente 12,5 % du PIB national et génère 35 % des exportations, un fait souligné par Yonhap News.
Des bénéfices en forte hausse
Le contexte de la grève est marqué par une performance exceptionnelle de Samsung : au premier trimestre de cette année, le géant a multiplié par six son bénéfice net, atteignant 27 milliards d'euros, stimulé par l'essor de l'intelligence artificielle (IA). Cette situation a incité les syndicats à demander une augmentation salariale de 7 % et une révision des primes, soulignant un contraste avec les primes versées chez SK Hynix, un concurrent direct.
Les syndicats s'inquiètent également d'un départ potentiel de talents vers SK Hynix, rapportant que les primes de cette entreprise sont trois fois supérieures à celles offertes par Samsung. La direction a toutefois contre-argumenté, affirmant que la satisfaction des demandes syndicales risquerait de compromettre la gestion de l'entreprise.
Intervention du gouvernement
Devant la gravité de la situation, le gouvernement sud-coréen a exprimé son souhait de voir les deux parties trouver un compromis, étant conscient des impacts économiques potentiels. Les craintes d’une perturbation majeure de l'industrie technologique n'ont pas échappé aux autorités, alertant sur les répercussions sur les chaînes d'approvisionnement des microprocesseurs.
Répercussions sur le secteur technologique
Une grève aurait eu des répercussions non seulement sur Samsung, mais aussi sur l'industrie technologique mondiale, étant donné que l'entreprise est le premier fournisseur de puces mémoires pour de nombreux secteurs, notamment les smartphones et les serveurs. La Chambre de commerce américaine en Corée a prévenu d'une aggravation des goulets d'étranglement de l'approvisionnement.
Alors qu’un tribunal sud-coréen a pris des mesures pour garantir que les opérations de production se poursuivent, le futur des négociations reste crucial pour éviter toute escalade du conflit et maintenir la croissance économique du pays.







