La défense de Jacqueline Jacob, âgée de 81 ans et grand-tante de Grégory, a d'ores et déjà annoncé son intention de se pourvoir en cassation si la cour n'annule pas la mise en examen.
« On attend assez sereinement » a déclaré la défense après l'audience à la Cour d'appel de Dijon, qui doit se prononcer le 15 juillet. Si les poursuites étaient annulées, cela marquerait la cinquième invalidation dans un dossier vieux de plus de 41 ans. L'avocat Frédéric Berna a ajouté : « Le procureur général lui-même considère que les faits sont prescrits ».
Il convient de rappeler que Jacqueline Jacob a été mise en examen le 24 octobre 2025 pour « association de malfaiteurs », accusée d'être un des corbeaux ayant harcelé la famille Villemin. Elle aurait écrit la lettre anonyme revendiquant l'assassinat de Grégory, retrouvé noyé à quatre ans dans la Vologne, une rivière des Vosges. Le courrier se terminait par une phrase troublante : « Voilà ma vengeance. Pauvre con ».
Les tensions entre les familles Villemin et Jacob sont au cœur de cette affaire. Bien que les Jacob aient nié tout conflit, Jacqueline Jacob, dont le mari Marcel est le frère de la grand-mère de Grégory, avait déjà été mise en examen en 2017 pour « enlèvement et séquestration suivie de mort », avant que les poursuites ne soient annulées un an plus tard.
Néanmoins, les accusateurs soulignent que cette annulation reposait sur un vice de forme et non sur un manque de preuves. D'autres éléments ont émergé depuis, dont des expertises qui attribuent à Jacqueline Jacob plusieurs lettres, y compris celle menaçante de 1983 : « Je vous ferai votre peau ». En revanche, Frédéric Berna a rétorqué qu'une vingtaine de corbeaux ont été identifiés au cours de l'enquête.
Si la cour confirme les accusations, ce sera la cinquième fois que des poursuites sont annulées dans cette affaire, un fait que Maître Berna qualifie de « fiasco » de l'enquête. Par le passé, il y a eu plusieurs non-lieux, et en 2018, des mises en examen de personnes apparentées à Jacqueline Jacob avaient également été annulées.
Un point essentiel à souligner est que la défense ne conteste pas la véracité des indices qui pèsent contre sa cliente, comme l'a noté François Saint-Pierre, l'avocat des parents de Grégory. Ce dernier a insisté sur la nécessité de poursuivre les investigations afin de faire toute la lumière sur cette affaire. L'expertise des lettres anonymes est toujours en cours, et si elle conclut à l'implication de Mme Jacob, celle-ci pourrait faire face à des accusations de complicité d'assassinat.
Les résultats de ces analyses sont attendus prochainement, et Philippe Astruc, le procureur général, a confirmé que des traces d'ADN non identifiées peuvent toujours justifier des poursuites. « La poursuite des investigations criminelles est d'une importance cruciale », a-t-il déclaré dans un communiqué. Les prochains jours seront décisifs pour l'issue de cette affaire qui demeure complexe et mystérieuse.







