La cour d'appel de Dijon a récemment examiné, le 27 mai, la demande visant à annuler la mise en examen de Jacqueline Jacob, grand-tante de Grégory Villemin, soupçonnée d'avoir joué un rôle dans le harcèlement de la famille Villemin. Alors que le parquet général fait état d'une possible prescription des faits, le verdict sera annoncé le 15 juillet.
"On attend assez sereinement", a confié Frédéric Berna, avocat de Jacqueline Jacob, après les deux heures d'audience dédiées à cette affaire qui remonte à plus de 41 ans. Une décision favorable pourrait marquer la cinquième annulation de poursuites dans ce dossier notoirement compliqué, mêlant secrets de famille et drames humains.
Jacqueline Jacob, âgée de 81 ans, a été mise en examen le 24 octobre 2025 pour "association de malfaiteurs", soupçonnée d'avoir été l'un des corbeaux ayant fait pression sur la famille Villemin à travers des lettres anonymes. La plus célèbre d'entre elles revendiquait l'assassinat de Grégory, retrouvé noyé en 1984. Le contenu de cette lettre, teinté de rancune, disait : "Voilà ma vengeance. Pauvre con".
Une affaire marquée par les conflits familiaux
Les débuts de l'enquête avaient déjà mis en lumière les tensions existantes entre les époux Villemin et la famille Jacob. Bien que cette dernière ait systématiquement nié tout affrontement, la mise en examen de Jacqueline Jacob en 2017 pour "enlèvement et séquestration suivie de mort" a brutalement relancé les spéculations.
En 2018, les poursuites avaient été annulées sur des bases procédurales, mais les critiques soulignent que cela n’impliquait pas une absence de preuves. Les procureurs avancent que de nouvelles données ont émergé pour soutenir les accusations, notamment une expertise suisse récente attribuant plusieurs lettres à Jacqueline Jacob, y compris des menaces envers la famille Villemin.
Sur ce point, Frédéric Berna a fait remarquer qu'une vingtaine de corbeaux auraient été identifiés à partir des nombreuses expertises réalisées au cours de l'enquête.
Vers une nouvelle étape judiciaire ?
Si la cour d'appel accorde une annulation, cela relancerait une dynamique complexe autour de ces poursuites judiciaires. En effet, la défense ne conteste pas la validité des indices qui désignent leur cliente, se concentrant plutôt sur des arguments de forme, notamment la prescription des faits. Cela pourrait laisser entendre une forme de reconnaissance tacite des motifs de l'accusation, selon François Saint-Pierre, avocat des parents de Grégory.
À l'issue de l'audience, la défense a mis en avant que les investigations se poursuivent activement. Des analyses encore en cours sur les courriers anonymes pourraient potentiellement mener à des mises en examen supplémentaires, notamment pour complice d’assassinat si la culpabilité de Jacqueline Jacob était confirmée.
La prochaine annonce quant aux résultats de ces analyses est imminente, et le procureur général Philippe Astruc a mentionné que la recherche de nouvelles traces ADN reste cruciale pour faire toute la lumière sur ce mystère judiciaire.







