Frédéric Péchier, ancien anesthésiste reconnu coupable d’empoisonnements en série, a déposé une nouvelle demande de remise en liberté, alors même que son procès en appel est prévu dans plus de trois ans, en septembre 2027, à Lyon. Cette requête a été examinée par la justice ce mardi.
Celui qui clame son innocence, bien que la cour d’assises du Doubs l’ait décrit comme un « tueur en série », avait déjà vu une première demande rejetée courant février. Le tribunal avait estimé qu’un éventuel retour à la liberté risquait de troubler l’ordre public et qu'aucune garantie n’existait quant à sa présence à l’audience ultérieure.
Lors de son procès, qui a duré plus de trois mois, il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir empoisonné 30 patients, dont 12 ont perdu la vie, entre 2008 et 2017 dans des cliniques de Besançon. Les jurés ont qualifié ses actes de « crime odieux » et ont imposé une période de sûreté de 22 ans. À cette occasion, les jurés avaient également fait état d’un comportement manipulatif, signalant que Péchier se serait parfois montré en mesure de porter secours à des patients qu'il avait lui-même mis en danger.
Une défense active
Après le rejet de sa première demande, sa défense a formulé une nouvelle requête en mai, affirmant que Péchier avait besoin de se préparer adéquatement pour son procès en appel. Malgré les contestations, la Cour de cassation a validé le refus de sa première demande en mai dernier.
À 54 ans, Pechier a été immédiatement incarcéré après sa condamnation, bien qu'il ait été en liberté durant l’instruction. Les détails sur sa conduite et ses motivations, où il a parfois été suspecté de chercher à atteindre ses collègues avec lesquels il avait des conflits, ajoutent une complexité psychologique à cette affaire.
Alors qu’il s’oppose aux accusations qui l’entourent, Péchier a admis qu’un empoisonneur avait sévi dans l’une des cliniques où il avait exercé, mais persiste à affirmer qu'il n’en est pas responsable.







