Alain B., ancien kinésithérapeute reconnu pour son expertise en rééducation périnéo-sphinctérienne, a récemment été mis en examen à Paris pour des accusations de viols et d'agressions sexuelles, selon des informations confirmées par l'AFP et rapportées par Le Parisien. Une enquête a été ouverte suite à plusieurs plaintes déposées par des patientes entre 2023 et 2025.
Les accusations font état de gestes médicaux intrusifs et violents, souvent pratiqués sans obtenir le consentement des patientes. Le parquet de Paris a précisé que ces comportements ont été signalés par trois patientes, mais le nombre total de plaignantes a depuis augmenté à huit, les incidents ayant eu lieu entre 2017 et 2023.
Alain B., qui a exercé pendant plus de quarante ans et a été actif au sein du centre de radiologie Imagerie Cardinet, a rejeté fermement les accusations lors de son audition. Il assure que ses examens, en particulier des bilans urodynamiques, ont toujours été réalisés dans un cadre professionnel approprié.
Les témoignages alarmants
Des témoignages de patientes affluent, soulignant des expériences traumatisantes. L'une d'elles a relaté des douleurs intenses lors d'une procédure, affirmant que le praticien a ignoré ses cris de douleur. Une autre a décrié des comportements inhumains, décrivant comment il aurait introduit des doigts sans aucune forme de consentement.
Les récits entendus par la chambre disciplinaire de l'ordre des kinésithérapeutes ont conduit à la radiation d'Alain B. en avril dernier. Les témoignages racontent non seulement des gestes non consensuels, mais évoquent également le mépris du praticien pour l’inconfort des patientes.
Réactions et défense
Alain B. et son avocat, Me Antoine Beauquier, contestent vigoureusement les accusations. Ils estiment que les gestes pratiqués lors des bilans urodynamiques, bien qu'ils puissent être perçus comme désagréables, ne peuvent en aucun cas être associés à des actes de nature sexuelle. Beauquier a affirmé à l’AFP que l’association d'un examen médical à un viol « n'est pas sérieux ».
La situation est d'autant plus complexe pour le centre Imagerie Cardinet, qui fait face à des accusations similaires pour des comportements inappropriés de la part de plusieurs employés. Bien qu’aucune mise en examen n'ait encore été effectuée contre l'institution, le parquet étudie la possibilité d’une complicité éventuelle.
Les retombées de cette affaire soulèvent des questions cruciales sur la protection des patients et sur la manière dont ces professionnels de santé sont réglementés. La justice continuera à explorer ces allégations, alors que de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer une plus grande transparence et des actions concrètes dans la lutte contre les violences médicales.







