Ce dimanche 21 juin, l'avocat de droite Abelardo de la Espriella a marqué l'histoire colombienne en remportant l'élection présidentielle avec 49,7 % des voix lors du second tour face à Ivan Cepeda, qui a obtenu 48,7 %. L'homme d'affaires novice en politique s'est fait cliquer d'un soutien notable de Washington, annonçant une "nouvelle ère" d'un point de vue sécuritaire dès le 7 août.
Le candidat antisystème a fêté sa victoire devant des milliers de partisans à Barranquilla. Abelardo de la Espriella, connu sous le surnom de "Le Tigre", a promis de lutter sans relâche contre les groupes armés, qui évoluent dans un climat de violence accru au sein d'un pays en proie à un conflit armé interne depuis plus de soixante ans. "Je traquerai sans relâche les bandits, dans le cadre de la Constitution et des lois de la République", a-t-il déclaré ardent.
Tournant à droite en Colombie
La Colombie devient ainsi le dernier pays d'Amérique latine à faire le choix d'une politique davantage tournée vers la droite, suivant le chemin de pays comme l'Argentine, le Chili et l'Équateur. Les félicitations ont rapidement afflué de la part de dirigeants alignés sur Washington, chacun témoignant de leur soutien à la nouvelle présidence. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a déjà évoqué une future coopération en matière de sécurité.
Les partisans de de la Espriella ont célébré dans les rues tandis qu'ailleurs, des manifestations ont éclaté pour contester le résultat. À Cali, des individus ont brûlé des drapeaux américains tandis qu'à Bogotá, des jeunes comme Brandon, 19 ans, ont exprimé leur mécontentement, proclamant : "Nous n’allons pas soutenir ce gouvernement".
Vers une sécurité accrue ?
Abelardo de la Espriella représente un changement de paradigme dans un pays où la violence, notamment liée au narcotrafic, a longtemps été omniprésente. Il promet une politique ferme face au crime organisé, alors que des experts, comme la psychologue Giovanna Pinzon, avertissent d'un risque de violence accrue face aux mesures militaires préconisées par le nouveau président.
Son ascension fulgurante a aussi inspiré une certain admiration pour les modèles de dirigeants tels que le président salvadorien Nayib Bukele, avec des projets ambitieux tels que la construction de "méga-prisons". Cette dynamique politique pourrait représenter un tournant majeur pour la Colombie, même si sa capacité à rassembler les citoyens reste à prouver.







