Un réfugié Rohingya de 56 ans, malvoyant, a été découvert mort le 24 février à Buffalo, New York, après avoir été relâché par des agents de la police aux frontières. Son décès, jugé homicide par les autorités locales, a suscité une vague d'indignation.
La dépouille de Nurul Amin Shah Alam a été retrouvée près de la frontière canadienne, après qu'il ait été déposé à plusieurs kilomètres de son domicile par la police, en plein hiver. La situation a été dénoncée par de nombreux défenseurs des droits des réfugiés.
un ulcère aggravé par l'hypothermie et la déshydratation
Le bureau du médecin légiste a révélé que Shah Alam est décédé des conséquences d'un ulcère duodénal perforé, aggravé par l'hypothermie et la déshydratation. Son état était particulièrement alarmant puisqu'il était presque aveugle et ne maîtrisait pas l'anglais.
D’après les rapports, il avait été abandonné par des agents de la police aux frontières, dans des conditions climatiques extrêmes, loin de sa dernière adresse connue. Compte tenu de cette négligence, les autorités ont qualifié son décès d'homicide, en précisant que cela ne signifie pas obligatoirement une intention de nuire.
« un manquement à leurs devoirs » de la part des agents d’immigration
Les proches de Shah Alam ont été informés des résultats de l’enquête avec effroi. Mohamad Faisal Nurul Amin, son fils, a exprimé son choc, indiquant que l’annonce de la mort de son père l'avait laissé paralysé. Il a également souligné l'impact dévastateur que cette nouvelle a eu sur sa famille.
Le maire de Buffalo, Sean Ryan, a qualifié cette situation de « profondément troublante », soutenant qu'il y avait eu un « manquement à leurs devoirs » de la part des agents d'immigration. La procureure générale de New York, Letitia James, a ouvert une enquête officielle sur les circonstances entourant cette tragédie, affirmant qu'aucun New-Yorkais ne devrait être traité de la sorte.
le département de la sécurité intérieure dénonce « une supercherie »
De son côté, le département de la Sécurité intérieure a rejeté toute responsabilité, affirmant que le décès de Nurul Amin Shah Alam « n’était pas lié à la police des frontières ». Ils ont accusé les médias et les politiciens de vouloir tourner cette affaire en « supercherie » pour ternir l’image de leurs forces de l’ordre.
Cette tragédie met en lumière les failles du système d’immigration américain et suscite des interrogations sur le traitement réservé aux réfugiés vulnérables. Alors que les enquêtes se poursuivent, le fédéralisme américain et la manière dont il gère la crise des réfugiés restent plus que jamais au centre des débats.







