Récemment, entre le 16 et le 20 mars, la Marine française a réalisé une expérience significative au large de Toulon en lançant un drone sous-marin américain depuis le sous-marin nucléaire d'attaque Suffren. L'amiral Nicolas Vaujour, chef de l'état-major de la Marine, a salué cette initiative, la qualifiant de «extrêmement pertinente» pour renforcer la reconnaissance dans les opérations navales.
Le Suffren, fait partie d'une nouvelle génération de sous-marins français, baptisés classe Barracuda, qui possèdent la capacité d'accueillir un petit hangar de pont. Ce dernier peut embarquer soit un mini-sous-marin habité, soit un drone sous-marin. Comme l'a expliqué l'amiral Vaujour lors du forum Guerres et Paix : «Nous avons sollicité nos homologues américains pour tester leur drone, car notre système n'était pas encore opérationnel pour un véhicule non habité.»
Cette innovation permettrait à la Marine française de mener des missions sans exposer le sous-marin trop près des zones sensibles. «Envoyer un drone en reconnaissance avant d'envoyer le sous-marin lui-même, c'est une avancée stratégique», a-t-il ajouté, assurant que cela ouvre la voie à de nouvelles capacités opérationnelles.
Les essais, menés avec le drone de type Razorback, démontrent non seulement l'interopérabilité avec la Marine américaine, mais aussi une «coopération indispensable» dans un domaine crucial, comme l’a rapporté la revue officielle Défense nationale. Ce drone sous-marin est dérivé du modèle civil Remus 620, créé par Huntington Ingalls Industries, pour des missions principalement hydrographiques.
Les manœuvres incluaient des sorties et récupérations du drone depuis le Suffren en plongée. L'amiral a souligné que «tester avant d'acheter est toujours une meilleure approche», même si les relations avec les forces militaires américaines sont très positives. Ce fut la première utilisation du hangar de pont sur ces nouveaux sous-marins, qui peuvent également accueillir des nageurs de combat et d'autres équipements spécialisés.







