Ce jeudi 2 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenu une réunion avec 15 maires de Gironde à la mairie de Bordeaux, axée sur la sécurité quotidienne. Invités à partager leurs préoccupations, ces élus ont exprimé leur soutien aux initiatives gouvernementales, tout en soulevant la question cruciale du manque de ressources.
Durant cette rencontre, le Premier ministre a pris le temps d’écouter. Assis en arc de cercle, les maires ont décrit une réalité préoccupante: « La petite délinquance qui perturbe la vie des citoyens », a résumé Lecornu. À ses côtés, son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, prenait des notes afin de recueillir les suggestions à intégrer dans la législation à venir.
Le gouvernement prévoit deux propositions majeures. La première vise à élargir les prérogatives des polices municipales, leur permettant de traiter des infractions simples telles que l'usage de drogue ou la conduite sans permis. Déjà examinée par le Sénat, cette mesure sera bientôt présentée à l’Assemblée nationale.
La seconde mesure, nommée « Ripost », a pour but d’adresser les infractions générant des troubles majeurs, incluant la consommation de protoxyde d’azote, les rodéos sauvages, ou encore les squats. « Nous allons renforcer les sanctions et introduire des mesures rapides pour répondre efficacement », a expliqué Nuñez.
Se mouiller pour un compromis
Lecornu a affirmé sa volonté de trouver un compromis malgré un Parlement divisé. « Si nous ne réussissons pas à nous entendre sur ces questions, nous devrons envisager des solutions au niveau des collectivités », a-t-il ajouté. Le nouveau maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a souligné la nécessité d'adapter les réponses à la menace actuelle : « Nos policiers sont prêts à faire plus, il faut leur donner les outils pour le faire. »
Le maire de Toulenne, Christian Daire, a également partagé son alarmante constatation sur la consommation de drogue visible dans sa commune, alors que plusieurs élus ont exprimé leur désir d'une police mutualisée pour faire face à cette problématique croissante. Le maire de Saint-Aubin-de-Médoc, Christophe Duprat, a également révélé que la police municipale est souvent dépassée, faisant face à des dépôts sauvages sans pouvoir agir efficacement.
Le sujet des financements
La question des ressources a également été mise en avant par plusieurs maires, dont la présidente de Bordeaux Métropole. Elle a alerté sur le transfert de compétences aux collectivités sans une compensation financière adéquate. « Nous avons modernisé notre système de sécurité, mais avons-nous les moyens nécessaires pour gérer cette situation de manière efficace ? », a-t-elle questionné.
Le maire de Libourne, Philippe Buisson, a salué les initiatives du gouvernement tout en appelant à des mesures supplémentaires concernant des problématiques comme le harcèlement de rue.
Dans un contexte où les maires s'inquiètent des manques d'effectifs dans les forces de gendarmerie, ce dialogue avec Lecornu semble être une étape cruciale pour donner corps à une véritable politique de sécurité locale.
Alors que des décisions cruciales sont en attente, il reste à voir comment ces discussions influenceront les futures lois et la réalité sur le terrain.







