Face à la crise énergétique aggravée par le conflit au Moyen-Orient, le Premier ministre a exposé, le 10 avril 2026, le plan gouvernemental pour renforcer la résilience de la France.
Alors que les citoyens français subissent fortement l'augmentation des tarifs des énergies fossiles, Sébastien Lecornu a pris la parole pour articuler une réponse face à cette hausse, alors que la situation au Moyen-Orient laisse entrevoir une légère détente sur les marchés. Une tendance à la baisse des prix qui peine à se traduire dans les budgets des automobilistes.
« Dans cette situation, il faut agir rapidement. C’est pourquoi les prix doivent descendre aussi vite qu’ils ont augmenté », a souligné le Premier ministre.
Dix milliards par an pour l’électrification
Pour soutenir ce plan ambitieux, le Premier ministre propose de presque doubler les budgets alloués chaque année à l’électrification du pays. Actuellement, la France dépend à hauteur de 60 % de ses besoins énergétiques des énergies fossiles importées. « D’ici 2030, nous multiplierons par deux notre soutien à l’électrification, atteignant 10 milliards d'euros par an. Mais cela se fera sans nouvelles ressources financières », a précisé Lecornu. Ce projet sera financé par une réduction des dépenses étatiques et par « une réorientation des aides publiques vers l’électrification ».
Une indépendance énergétique comme prérequis à la liberté
Interdiction des chaudières à gaz dès 2026. Le Premier ministre a également mis l’accent sur la transition énergétique, particulièrement dans le secteur du logement. « La montée des prix du gaz a un impact sur des millions de foyers », a-t-il rappelé, promouvant une interdiction formelle des chaudières à gaz pour toutes les constructions neuves d'ici fin 2026.
Le gouvernement souhaite réorienter leurs aides afin de faciliter l’installation de pompes à chaleur dans les ménages. « Nous organiserons également l’électrification du chauffage dans les logements sociaux et nous avons l’ambition de sortir deux millions de logements du gaz d’ici 2050 », a promis le Premier ministre.
Cette électrification se fera de manière ciblée, « territoire par territoire », avec un objectif d’installation d’un million de pompes à chaleur chaque année. « Nous voulons faire du chauffage électrique une norme où elle reste encore peu répandue, réduisant potentiellement nos importations de gaz de 20 % », a-t-il ajouté.
Leasing social pour les ménages modestes. Dans le cadre des progrès dans le secteur des transports, le Premier ministre a déclaré que l'État soutiendrait la transition vers des véhicules électriques au lieu d’envisager des aides généralisées, qui profitent souvent à des pays exportateurs comme les États-Unis ou l’Algérie. Au lieu de cela, il a annoncé la relance du leasing social, avec « 50 000 véhicules disponibles prochainement pour les ménages les plus modestes ».
Pour compléter ce dispositif, une autre initiative prévoit la subvention de 50 000 véhicules électriques supplémentaires pour les travailleurs précaires, tels que les aides à domicile et les professionnels de santé.
Soutien aux PME et décarbonation de l'industrie. Enfin, le Premier ministre a annoncé un plan de décarbonation ambitieux à l’intention des PME, incluant des aides pour l'achat de véhicules utilitaires et de poids lourds. Il a souligné qu'il était crucial d’accompagner la réindustrialisation du pays. « Il n’y a pas d’indépendance énergétique sans indépendance industrielle », a conclu Sébastien Lecornu.







