Ce dimanche 12 avril, Paris accueillera son célèbre marathon, et une foule féminine se joint à l'événement. Environ 20 800 femmes, représentant 33% des coureurs, s'élanceront sur les pavés de la capitale. Bien que cela marque un progrès significatif, d'autres marathons, comme celui de New York, montrent la voie vers une véritable parité avec 45% de participantes.
En dix ans, la participation des femmes, notamment parmi les finishers de moins de 34 ans, a grimpé de 28% à 37%, soit près de 1,53 million d'arrivées, selon la Fédération française d'athlétisme. "Il y a une progression plutôt très régulière depuis dix ans, avec une légère accélération depuis 2023", observe Adrien Tarenne, responsable du développement running à la FFA, dans une interview à RTL.fr.
Investir l'espace public
Cette évolution démontre un changement de paradigme dans le domaine du running, longtemps dominé par les hommes. Les femmes s'approprient désormais la course, que ce soit pour le plaisir, la santé ou la compétitivité.
Les femmes s'autorisent davantage à investir l'espace public
Suzanne Cariant, coach à la FFA
Suzanne Cariant souligne que les femmes prennent conscience qu'il est possible de courir sans se focaliser uniquement sur la performance. "Avant, l'accès au sport était très orienté performance. Aujourd'hui, il suffit de chausser des baskets et de partir !" Ces dernières années, les réseaux sociaux ont également encouragé cette dynamique, en offrant des modèles inspirants.
Sentiment de liberté
Caroline, influenceuse suivie par 147 000 abonnés sur Instagram, a embrassé le running après une période difficile. "C'est devenu mon moment à moi, je me sens plus libre et plus forte", partage-t-elle avec RTL.fr. "Il y a plus de femmes qui osent relever des défis", confie-t-elle, se remémorant sa volonté de courir 800 km pour obtenir des places à un concert de Céline Dion.
Marine, préparant le semi-marathon de Biarritz, se sent également déterminée par cette pratique : "J'ai besoin d'une raison de courir, et chaque étape est un challenge personnel."
Des freins sur la distance longue
Malgré ces avancées, la féminisation du running reste incomplète, surtout sur les longues distances. En effet, les femmes ne représentent que 13% des participants aux ultratrails, bien que ce chiffre ait légèrement augmenté en dix ans. "Les études montrent que les femmes hésitent plus à s'inscrire à ces courses", souligne Tarenne.
Les stéréotypes sociaux et des responsabilités familiales pèsent sur leur engagement. "Prendre du temps pour soi peut être un luxe, et le running sur de longues distances demande une organisation rigoureuse", précise Suzanne Cariant.
Harcèlement de rue
La question de la sécurité pèse également sur leur pratique. "Nombreuses sont celles qui se sentent en danger, surtout lors de sorties nocturnes", déclare Tiphaine Poulain de l'association Sine Qua Non, qui lutte contre les violences envers les femmes. Une étude de 2023 pour Adidas révèle que 92% des femmes s'inquiètent pour leur sécurité en courant. "J'évite de courir de nuit et planifie mes parcours", admet Marine.
En dépit de l'augmentation notable des coureuses, leur accès à l'espace public demeure contraint, un aspect crucial à prendre en compte pour garantir l'égalité sur les pistes.







