En cette Pâque orthodoxe, un cessez-le-feu entre Moscou et Kiev est en vigueur ce samedi, marqué par l'absence d'incidents majeurs sur un front qui s'étend sur plus de 1 200 km.
Le Kremlin a annoncé que cette trêve débutait ce samedi à 16h00 (13h00 GMT) et se prolongera jusqu'à dimanche soir, offrant une pause de 32 heures. Une proposition acceptée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Quatre heures après l'entrée en vigueur de cet accord, aucune violation significative n'avait été signalée. Cependant, le gouverneur de la région russe de Koursk, Alexandre Khinchteïn, a accusé les forces ukrainiennes d'avoir violé le cessez-le-feu, en visant une station-service à Lgov, faisant trois blessés, dont un enfant.
- "Ne pas faire confiance" -
À Kharkiv, ville souvent touchée par les bombardements russes, Oleg Polyskine, un habitant de 65 ans, reste prudent : "Il n'y a pas de garantie à 100 % que la paix régnera. Il ne faut pas faire confiance à Poutine," confie-t-il à l'AFP. Sofiia Liapina, 16 ans, partage cette méfiance, souhaitant une tranquillité sans alertes aériennes, mais redoute également une rupture de la trêve.
Le président Zelensky a affirmé que l'Ukraine respecterait l'accord, mais riposterait à toute violation. Dans son discours quotidien, il a également proposé à Moscou le prolongement du cessez-le-feu, une démarche que les deux parties n’ont pas encore abordée sérieusement.
Les précédentes négociations visant à mettre fin à ce conflit, débuté il y a plus de quatre ans, ont été suspendues ces dernières semaines, en raison des préoccupations croissantes liées à la guerre au Moyen-Orient.
Malgré les appels à un cessez-le-feu prolongé pour permettre des négociations, Moscou reste contre, craignant que cela donne à l'armée ukrainienne une opportunité de se réarmer.
Les tensions demeurent palpables, alors que les frappes meurtrières se sont poursuivies jusqu'à l'entrée en vigueur de la trêve. L'Ukraine a signalé la mort de quatre personnes à la suite de frappes russes, tandis que deux personnes ont perdu la vie dans une attaque de drone ukrainien dans la région de Donetsk.
En parallèle, un échange de prisonniers s'est déroulé ce samedi, rassemblant 350 soldats de chaque camp. Cette étape, bien que positive, n'est qu'une lueur d'espoir au milieu d'un conflit qui a causé des pertes humaines considérables, le qualifiant de l'un des plus meurtriers en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.







