En visite au Cameroun, le pape Léon XIV a rassemblé une immense foule à Douala, réunissant plus de 120 000 fidèles pour célébrer la paix et dénoncer les abus de pouvoir. Accueilli sous un soleil ardent, le pontife a multiplié ses appels à la concorde tout en critiquant ouvertement les "tyrans" qui exacerbent les crises à travers le monde.
La célébration s'est déroulée dans une ambiance festive, avec des chants et des danses qui ont animé l'esplanade du stade de Japoma. Beaucoup parmi les fidèles, notamment Marguerite Tedga, 72 ans, ont partagé leur bonheur d'avoir pu voir le pape en personne, soulignant que c'était "un événement de leur vie chrétienne".
Un message fort
Durant son homélie, prononcée en français, Léon XIV a exhorté les Camerounais à devenir "acteurs de leur avenir" en refusant la violence. Un message résonnant particulièrement dans une période où la nation est face à de vastes tumultes. Le pape a également prévu de visiter ultérieurement des institutions de santé pour souligner l'importance de l'engagement social.
Ses interventions se sont révélées d'une forte portée sociale ; il a dénoncé les malheurs causés par des intérêts extérieurs qui exploitent les ressources africaines. "Le monde est ravagé par quelques tyrans, mais unis, nous formons une multitude de frères et sœurs solidaires!", a-t-il déclaré à Bamenda, une région touchée par un conflit sécessionniste.
Engagement de l'Église
Environ 37% des 30 millions d'habitants du Cameroun sont catholiques, et l'Église joue un rôle vital dans la gestion d'un large réseau d'hôpitaux et d'écoles. Alors que Douala est l'un des principaux ports d'Afrique centrale, elle a également connu des atteintes à la sécurité et des manifestations réprimées suite à la réélection contestée de Paul Biya.
Le pape, en tête d'une tournée de 18 000 km, entend renforcer les liens entre le Vatican et l'Afrique, et encourager la paix dans des pays souvent secoués par des crises. Samuel Kleda, archevêque de Douala, a appelé à un engagement citoyen pour la paix, affirmant que la visite du pape était un appel à la collaboration et à la fin de la corruption.
Ce rassemblement est un moment charnière pour la nation, alors que de nombreuses voix s’élèvent pour un changement. Comme l’a dit le pape, "nous sommes tous responsables de la paix que nous voulons construire ensemble".







