« Quel est le prix à payer pour empêcher que l’Iran accède aux armes nucléaires ? » a questionné le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, lors de son audition parlementaire mercredi dernier. C'était sa première apparition depuis le début de la guerre en Iran, et il n'a pas échappé à des critiques acerbes de la part des députés de l'opposition.
Le Pentagone a évalué le coût de l’intervention militaire à environ 25 milliards de dollars, principalement en munitions, un chiffre qui fait l’objet de vifs débats parmi les élus. Hegseth a défendu cette dépense en insistant sur la nécessité d’éradiquer la menace nucléaire iranienne.
Lors de l’audition, la demande de l'administration américaine d'augmenter le budget de la défense de 42 %, portant celui-ci à un impressionnant 1 500 milliards de dollars d'ici 2027, a également été au cœur des discussions. Ce montant équivaut au PIB de pays comme l’Indonésie ou les Pays-Bas, comme l'a rapporté Le Parisien.
Des interrogations sur la stratégie
Les parlementaires se sont montrés inquiets du manque de transparence concernant la stratégie en cours. Le député Adam Smith a exprimé son scepticisme : « Comment ces succès tactiques se traduiront-ils par des gains stratégiques ? » Il a mis en avant une situation volatile au Moyen-Orient et le coût humain, avec 13 militaires américains tués depuis le début du conflit.
Une autre voix critique, John Garamendi, a accusé le ministre de « mentir aux Américains depuis le début » et a qualifié la guerre d’« auto-infligée », décrivant une situation perçue comme un désastre stratégique.
Un cessez-le-feu, prolongé par l'administration Trump sans limitation de temps, est en place depuis trois semaines, mais les discussions de paix entre Washington et Téhéran semblent bloquées.
Risque stratégique en mer
Interrogé sur un éventuel blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transit des hydrocarbures, Hegseth a indiqué que le Pentagone avait considéré tous les risques associés. Actuellement, Téhéran semble imposer un quasi-blocage de la navigation dans cette région stratégique, intensifiant les tensions.
La gestion de ce conflit a irrité les membres des deux partis, avec plusieurs élus, y compris républicains, exprimant des préoccupations quant à la façon dont cette guerre a été engagée sans une consultation suffisante du Congrès, contrairement aux exigences constitutionnelles.







