Autochtone aux manifestations, ce vendredi, les syndicats ont rappelé l'importance de préserver cette journée chômée tout en voyant des politiques aux côtés de ceux qui travaillent.
Ce 1er mai 2026 a été marqué par plus de 300 manifestations à travers la France, où le mot d’ordre principal visait à défendre ce jour chômé et à réclamer des augmentations salariales. Selon la CGT, environ 300 000 personnes ont défilé, tandis que la police a estimé le total à 158 000, dont 24 000 à Paris. De nombreux artisans, comme les boulangers et fleuristes, ont ouvert leurs commerces, soutenus par le gouvernement malgré les réticences syndicales.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fait son passage dans une boulangerie de Saint-Julien-Chapteuil, affirmant qu'aucun incident n'avait été signalé lors des contrôles effectués dans les commerces ouverts. « Les contrôles sont nécessaires, et le volontariat des employés est non négociable », a-t-il déclaré. Le gouvernement a assuré que les boulangeries pouvaient fonctionner tout en restant dans un flou juridique.
Gabriel Attal s'invite dans une boulangerie
Gabriel Attal, ancien Premier ministre, a aussi mis les pieds dans une boulangerie à Vanves. « Il n'était jamais question de toucher aux droits des travailleurs. Si des employés sont volontaires pour travailler ce jour-là avec un double paiement, pourquoi ne pas le permettre ? » a-t-il affirmé sur RMC. En tant que prétendant à la présidence, il aspire à « libérer le travail » et à supprimer les plafonds d'heures supplémentaires, ouvrant ainsi la porte à un plus grand nombre d'heures de travail pour ceux qui le souhaitent.
Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a également été à la rencontre des commerçants à Cholet, affirmant que « le travail ne paie pas assez » et que des réformes étaient nécessaires pour réduire l'écart entre salaire brut et net.
Des voix syndicales s'élèvent contre la privatisation du jour
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a exprimé des réserves concernant les visites des responsables politiques, notant que cela pourrait constituer un « spectacle politique » sans réelle substance, alors que le besoin d'augmenter le Smic reste pressant. Dans une tonalité similaire, Jean-Luc Mélenchon a insisté sur l'importance d'une vraie augmentation des salaires, jugeant illusoire le « choix libre » de travailler ou non le 1er mai.
Pour un bon nombre de travailleurs, se retrouver sur le terrain ce jour-là n'est pas tant une question de choix, mais de nécessité financière. Cela soulève des questions sur les réalités du monde du travail, où de nombreux salaires restent insuffisants, comme l’a souligné Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
Zoom sur les manifestations à travers le pays
Près de 320 manifestations ont eu lieu, avec des chiffres variant selon les sources. À Toulouse, entre 5 500 et 12 000 personnes se sont engagées, tandis qu'à Lyon, 6 500 personnes ont répondu présentes. Les revendications étaient largement axées sur l’augmentation des salaires, des retraites et la lutte contre l’extrême droite.
Le 1er mai est une date riche en histoire, célébrée pour la première fois en 1890 pour honorer les luttes ouvrières. Si ce jour est désigné comme la « fête du travail », les syndicats en préfèrent souvent la dénomination de « journée de lutte des travailleurs ». Ce paradoxe souligne l’importance continue d’une date qui reste un pilier des luttes sociales.







