L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur est entré en vigueur provisoirement le 1er mai 2026. Son statut légal sera examiné par la Cour de justice de l’Union européenne.
Si ce traité est largement décrié par la France et les agriculteurs européens, il est célébré par la Commission européenne, l'Espagne et l'Allemagne. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré sur son compte Twitter que « les avantages sont réels et déjà perceptibles. » En effet, ce traité, qui résulte de plus de vingt-cinq années de négociations, pourrait créer l'une des plus vastes zones de libre-échange au monde, représentant plus de 700 millions de consommateurs.
Des enjeux économiques majeurs
Dès son entrée en vigueur, les droits de douane sur des produits tels que les voitures, les produits pharmaceutiques et le vin exportés vers les pays membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) vont « être supprimés ou considérablement réduits ». Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a qualifié cette étape de « grande journée », vision souvent mise en contraste avec les inquiétudes exprimées par les agriculteurs européens.
« C’est une journée bien sombre », a répliqué l’eurodéputée Manon Aubry auprès de l’AFP. Elle a souligné que les producteurs européens risquent de faire face à « une concurrence déloyale » en raison de l'afflux de produits agricoles moins onéreux, qui ne respectent pas toujours les normes de sécurité alimentaire de l’Union européenne.
Des manifestations et des craintes croissantes
L'accord commercial, qui facilite l'entrée sur le marché européen de plusieurs denrées alimentaires, a suscité des manifestations de la part des agriculteurs européens qui craignent de subir les conséquences négatives de cette nouvelle législation. Même avec des concessions de l’UE, les agriculteurs sont restés sceptiques. Des cortèges ont convergé vers Bruxelles, symbolisant un profond mécontentement.
Le traité favorise les produits agricoles comme le bœuf, le sucre, le riz, le miel et le soja, où des quotas de détaxe s’accroissent, soulevant encore plus d’inquiétudes dans les filières concernées. En réponse à cette situation, des élus, notamment en France et en Pologne, s'interrogent sur l'avenir de leurs agriculteurs face à cette compétition.
Vers une diversification des partenariats
Le Parlement européen a récemment demandé à la justice de valider l'accord. En attendant cette décision, la Commission européenne a décidé d'appliquer provisoirement cet accord, ce qui a été critiqué par certains, dont Emmanuel Macron qui a évoqué une « mauvaise surprise ». Von der Leyen a insisté sur la nécessité pour l'UE de diversifier ses partenariats commerciaux, notamment face à la montée en puissance des États-Unis sous la présidence de Donald Trump.







