Ce 1er-Mai, des milliers de manifestants se sont rassemblés en Turquie, malgré l'interdiction d'accéder à la place Taksim, traditionnellement associée aux manifestations de travail. À Istanbul, les autorités ont déployé un important dispositif policier, ce qui a conduit à 575 arrestations, selon le bureau du gouverneur, qui a qualifié les interpellés de "marginaux ayant ignoré les décisions de sécurité".
Selon l'Association des avocats ÇHD, au moins 550 personnes ont été arrêtées, certaines lors d'interventions musclées. Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules, comme l'ont constaté des journalistes de l'AFP. Cette répression se concentre principalement autour de la place Taksim, fermée aux rassemblements depuis les manifestations violentes de 2013, qui avaient secoué le pays. L'arrestation d'un leader syndical, Basaran Aksu, alors qu'il dénonçait cette situation, illustre l'intensification de la répression.
Inflation galopante et mécontentement social
Les images relayées par la chaîne d'opposition HALK TV montrent le leader du Parti des travailleurs, Erkan Bas, pris dans une nuée de gaz lacrymogènes. Avec des slogans tels que "Pain, Paix, Liberté", les syndicats ont appelé à ces rassemblements dans un contexte d'inflation officielle dépassant les 30%. Selon la Chambre de Commerce d'Istanbul, cette inflation pourrait atteindre même 40% dans la ville. Les arrestations dans les rangs de l'opposition parlementaire et des médias se multiplient, exacerbant un climat de mécontentement grandissant face à la situation économique du pays.







