Vendredi, Donald Trump a déclaré un renforcement des sanctions à l'encontre de Cuba, coïncidant avec les célébrations du 1er-Mai, où un défilé a eu lieu pour "défendre la patrie" et dénoncer les menaces d'agression militaire venant des États-Unis.
Selon Trump, l'île, située à seulement 150 km des côtes de Floride, continue de représenter une "menace extraordinaire" pour la sécurité des États-Unis. Ces sanctions, détaillées dans un décret présidentiel, visent à augmenter la pression sur La Havane, déjà en proie à une grave crise économique, en s'attaquant notamment aux banques étrangères collaborant avec le gouvernement cubain.
Le décret impose des sanctions à quiconque est impliqué dans les secteurs de l'énergie, des mines et d'autres industries à Cuba, ainsi qu'à ceux reconnus coupables de "violations des droits humains". En plus de l'embargo américain instauré en 1962, un blocus pétrolier a été mis en place depuis janvier, limitant l'arrivée de navires pétroliers, avec seulement un pétrolier russe autorisé jusqu'à présent.
Cette annonce de sanctions tombe au moment où les Cubains se rassemblent pour la fête du travail à La Havane, en présence de figures importantes comme Raul Castro et le président Miguel Diaz-Canel. Ce dernier a appelé, sur le réseau X, le peuple à se mobiliser contre les "menaces impérialistes" des États-Unis.
Le mot d'ordre du défilé, "la patrie, on la défend", a attiré des employés d'entreprises d'État et des membres du Parti communiste cubain (PCC) sur une esplanade nommée "tribune anti-impérialiste", face à l'ambassade américaine. Les autorités ont revendiqué plusieurs centaines de milliers de participants à cet événement.
Cuba se débat avec une crise économique exacerbée par le renforcement des sanctions américaines durant le mandat précédent de Trump (2017-2021), ainsi que par des lourdeurs structurelles de son économie et une réforme monétaire malheureuse. Le tourisme, essentiel pour l'économie cubaine, a chuté de 50 % depuis le début de l'année, tandis que les secteurs du nickel et du cobalt sont à l'arrêt.
Osnay Miguel Colina, dirigeant du syndicat des travailleurs cubains, a déclaré : "Face aux restrictions qui cherchent à nous étouffer, ce 1er-Mai confirme que nous... résistons!" Lidice Guridis, employée, a ajouté : "La réponse du peuple a été forte, juste devant l'ambassade des États-Unis." Pendant le rassemblement, le gouvernement a affirmé avoir recueilli plus de 6 millions de signatures de Cubains "pour la patrie et pour la paix", remises à Raul Castro et au président Diaz-Canel, bien que des doutes subsistent quant à la méthode de collecte de ces signatures. Des milliers de Cubains se sont également mobilisés dans d'autres grandes villes du pays, comme l'ont montré les retransmissions de la télévision d'État.







