La justice israélienne a ordonné la prolongation de la détention des militants associés à la flottille pour Gaza jusqu’à dimanche, a annoncé l’avocate des intéressés, Hadeel Abou Salih. Elle a dénoncé « une tentative de criminaliser toute forme de solidarité avec le peuple palestinien ». Le juge a justifié cette décision par la nécessité pour la police de poursuivre des interrogatoires, tandis que l’avocate a exprimé son intention de faire appel pour obtenir une nouvelle audience rapidement.
Les autorités israéliennes ont accusé les deux hommes, Saïf Abu Keshek d’Espagne et Thiago Avila du Brésil, d’être liés au Hamas, ce qu’ils nient. Selon des journalistes présents, ils ont été conduits au tribunal d’Ashkelon avec des entraves aux pieds. L’avocate a précisé que les interrogatoires se concentraient principalement sur leurs activités durant la flottille, déplorant l'absence d'éléments concrets de la police à ce stade préliminaire.
« Aucune preuve » de méfaits
Au cours de l’audience, le juge a cité plusieurs chefs d'accusation, y compris « assistance à l’ennemi en temps de guerre » et « appartenance à une organisation terroriste ». Hadeel Abou Salih a qualifié leur détention d'« illégale », d'autant plus qu’ils ont été capturés dans des eaux internationales, loin de Gaza.
Le flottille, qui comptait initialement environ cinquante navires, visait à briser le blocus israélien de Gaza, une région en proie à une grave crise humanitaire. Les deux militants avaient été arrêtés par la marine israélienne au large de la Crète, en compagnie d'environ 175 autres personnes d'origines diverses, qui ont été relâchées en Grèce.
Des conditions de détention controversées
Adalah, l’ONG qui défend les droits des deux hommes, a également dénoncé des « mauvais traitements » leur étant infligés en prison, incluant des interrogatoires prolongés, un éclairage intense continu en cellule, et un isolement total. Selon leurs informations, ils observent une grève de la faim depuis leur arrestation. La police israélienne n'a pas encore répondu aux allégations de mauvais traitements.
Il s’agit de la seconde opération de la flottille mondiale Sumud (« résilience » en arabe). En 2025, lors de son premier voyage, plusieurs centaines de militants, parmi lesquels des figures comme Greta Thunberg, avaient également été interpellés.
Actuellement, l'Espagne et le Brésil ont exprimé à plusieurs reprises leur préoccupation concernant la détention de leurs ressortissants. Le ministère espagnol des Affaires étrangères a récemment réclamé la « libération immédiate » de Saïf Abu Keshek, jugeant cette détention « illégale » et affirmant que le consul espagnol continuerait à lui apporter assistance et soutien.







