Le Mali traverse une période d'inquiétude, avec des djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) et du Front de libération de l'Azawad (FLA) qui intensifient leurs attaques. Une récente offensive a mené à la prise du camp de Tessalit, un coup dur pour les forces de la junte malienne et leurs alliés russes.
La situation qui prévaut au Mali soulève des questions quant à la sécurité des pays voisins, Burkina Faso et Niger, également en proie aux assauts de groupes djihadistes. Selon Will Brown, chercheur au Conseil européen des relations extérieures (ECFR), ces deux nations sont menacées, malgré le contrôle minimal de l'État dans certaines régions du Burkina Faso où seulement 35 % du territoire est sous protection gouvernementale.
L'influence des djihadistes au Burkina Faso
Au Burkina Faso, le JNIM impose son emprise, occupant des zones stratégiques comme Yagadi, à proximité des installations militaires. Toutefois, contrairement au Mali, où les alliances se forment plus facilement entre groupes armés, la fragmentation des Touaregs et l'absence d'influence étendue du FLA limitent la capacité du JNIM à renforcer ses rangs, d'après Marc-Antoine Pérouse de Montclos, expert en conflits en Afrique.
Une dynamique différente au Niger
Pour ce qui est du Niger, c'est l'État Islamique au Grand Sahara (EIGS) qui domine la situation. Bien que le JNIM soit politiquement plus structuré, la rivalité entre les deux groupes complique toute possibilité d'alliance. Alex Vines, directeur du programme Afrique à l'ECFR, souligne que les conflits au Mali ne peuvent pas être simplement reproduits au Niger. Cependant, la vulnérabilité du pays face aux attaques djihadistes demeure, comme l'illustre l'assaut sur l'aéroport de Niamey en janvier dernier.
Un avenir incertain pour la région
Malgré des contextes nationaux différents, les pays du Sahel semblent subir un sort similaire : coups d'État, montée en puissance des forces militaires et soutien controversé des paramilitaires russes. Ils espèrent apparemment qu'une stratégie militaire peut suffire à combattre des ennemis de plus en plus motivés et bien financés.
Will Brown prévient que la fragilité politique pourrait s'aggraver, entraînant de nouvelles insurrections et potentiellement davantage de coups d'État. Les juntes militaires, au lieu de s'attaquer aux causes profondes de l'insécurité, seraient enclines à diversifier leurs soutiens militaires, ce qui pourrait conduire à des niveaux croissants de violence et d'instabilité.
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