Le 5 mai, Emmanuel Macron et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ont établi un partenariat stratégique à Erevan, visant à fortifier les relations franco-arméniennes dans divers secteurs tels que la défense, l'économie et l'innovation. Le président français a salué le choix de l'Arménie de "s'orienter vers l'Europe".
Avec une diaspora arménienne de 400 000 personnes en France, ce pays entretient des liens historiques et amicaux avec l'Arménie, qui compte trois millions d'habitants. Emmanuel Macron a exprimé son enthousiasme en affirmant que la France est désormais un "partenaire de référence" pour cette ex-république soviétique, tout en mettant en avant la "vocation européenne" de l'Arménie.
Dans le cadre de cet accord, les deux pays ont convenu de plusieurs projets de coopération, notamment en matière de recherche dans les domaines de la défense, de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité et des semi-conducteurs, selon des déclarations officielles de l'Élysée. Un contrat a également été signé pour la livraison de six hélicoptères civils H145 à l'armée arménienne, ainsi que pour le matériel destiné aux Forces spéciales, formées par Paris.
Pour ce qui est de la défense, la coopération inclut déjà des éléments aériens, tels que la commande de trois radars français et la formation d'unités militaires. En 2024, l'Arménie a également acquis 36 canons Caesar.
Du côté économique, les entreprises françaises Vinci et Razel-Bec ont annoncé leur intention de participer à la construction du tunnel stratégique de Bargushat, une étape cruciale pour améliorer le transit routier Nord-Sud en Arménie, à laquelle se sont félicitées les autorités arméniennes.
« Se tourner vers l'Europe »
Emmanuel Macron a salué la décision de l'Arménie de "se tourner vers l'Europe", et ce, malgré les tensions avec la Russie. Ce rapprochement a été couronné par la tenue d'un sommet de la Communauté politique européenne à Erevan, réunissant une quarantaine de dirigeants européens. "Je suis convaincu que l'Arménie a une vocation européenne", a-t-il déclaré, ajoutant que l'Europe est le partenaire naturel de l'Arménie, et évoquant la situation des pays voisins comme la Géorgie et l'Azerbaïdjan.
Cependant, le chemin vers une intégration européenne reste semé d'embûches, en raison de l'interdépendance historique de l'Arménie avec la Russie, qui, malgré un gel de sa participation à l'Organisation du traité de sécurité collective, demeure un acteur influent dans la région.
« Pas d’interférences »
Lors d'une conférence à Erevan, Emmanuel Macron a catégoriquement nié toute ingérence dans les affaires internes arméniennes. "Je soutiens fermement l'Europe, sans que cela constitue une forme d'ingérence", a-t-il déclaré, faisant référence aux accusations récurrentes d'intérférences russes. En effet, le principal parti d'opposition, "L'Arménie forte", dirigé par un homme d'affaires influent, est souvent perçu comme étant sous l'influence de Moscou.
Emmanuel Macron a rendu hommage aux victimes du génocide arménien en 1915 en se recueillant au mémorial, reconnu par la France comme un génocide. Il a également visité le musée Matenadaran, site emblématique de la culture arménienne, et a annoncé un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.
Enfin, une visite à Gyumri a illustré l'amitié culturelle entre les deux nations, avec des concerts regroupant artistes français et arméniens, rendant hommage aux victimes du tremblement de terre dévastateur de 1988.







