Inquiétude dans les eaux internationales : un cas d'hantavirus des Andes a été détecté à bord du navire de croisière "MV Hondius", soulevant des préoccupations sanitaires majeures. Après plusieurs semaines de voyage, le virus a entraîné la mort de trois passagers et a contaminé d'autres membres de l'équipage. L'épidémiologiste Antoine Flahault, fondateur de l'Institut de santé globale à l'Université de Genève, fait le point sur cette menace.
Que sait-on de l'hantavirus des Andes ?
L'hantavirus est bien documenté et appartient à une famille de virus à ARN comprenant 38 souches, comme l'indique Aaron Motsoaledi, ministre sud-africain de la Santé. Le virus des Andes, identifié pour la première fois en Argentine dans les années 1990, est particulièrement préoccupant du fait d'une transmission potentiellement interhumaine.
Transmission et propagation
Contrairement à d'autres hantavirus qui se propagent principalement par contact avec des rongeurs, le virus des Andes peut se transmettre de personne à personne par voie aérienne. Le professeur Flahault souligne que cette transmission est facilitée dans des espaces clos et mal ventilés, rappelant les caractéristiques des virus respiratoires tels que la grippe.
Symptômes et prise en charge
Les premiers symptômes d'une infection à l'hantavirus des Andes peuvent se manifester jusqu'à six semaines après l'infection, rendant ainsi son dépistage initial complexe. Le professeur Flahault note qu'aucun cas asymptomatique n'a été observé à ce jour. Parmi les symptômes, on dénombre de la fièvre, des douleurs musculaires, et des difficultés respiratoires.
Comme le stipule l'Organisation mondiale de la santé (OMS), bien que rare, l'hantavirus peut conduire à des maladies respiratoires graves, comme le syndrome respiratoire aigu.
Dangerosité du virus
Une étude publiée en 2020 dans le New England Journal of Medicine a révélé que 56 % des patients infectés lors d'une épidémie en Argentine ont développé des formes graves, impliquant des soins intensifs. La létalité observée était alarmante, à 32 %, plaçant le virus au même niveau que les infections graves comme Ebola, et au-dessus de la mortalité liée au COVID-19, qui se situe entre 10 et 15 %.
Risque de pandémie ?
En ce qui concerne le risque de pandémie, l'épidémiologiste Flahault indique qu'aucune circulation significative du virus n'est actuellement rapportée en Argentine ou au Chili. Le taux de reproduction du virus, estimé à 2,1, signifie qu'une personne infectée peut contaminer en moyenne 2,1 autres personnes, ce qui est plus élevé que pour la grippe.
Vaccination et mutation
Bien qu'il n'existe pas de vaccin sur le marché pour le virus des Andes, des recherches sont en cours, notamment aux États-Unis, pour développer un sérum basé sur les avancées de la technologie vaccinale élaborée pour le COVID-19. En outre, comme tout virus à ARN, le virus des Andes possède une capacité de mutation, ce qui nécessite une surveillance continue pour comprendre son évolution et sa propagation.
Pour conclure, le professeur Flahault prévient qu'une vigilance est indispensable. Grâce à des procédures de contrôle et d'isolement adéquates, il est possible de limiter la propagation de ce virus dangereux. Les défis liés à sa période d'incubation prolongée nécessitent une attention particulière pour éviter des épidémies plus larges.







