À l’ouverture de la réunion des ministres des Affaires étrangères des Brics, l’Inde a mis en lumière l'«instabilité considérable» provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Cette rencontre se déroule à New Delhi et s’annonce cruciale pour discuter des enjeux énergétiques et diplomatiques actuels.
Les discussions porteront notamment sur la situation géopolitique du Moyen-Orient et les conséquences de la crise énergétique qui frappe de plein fouet les économies des pays dépendants des importations, comme l’Inde. Le blocage du détroit d'Ormuz a provoqué une flambée des prix du gaz, aggravant encore la dépendance énergétique de la nation indienne.
Présidant cette année les Brics, un ensemble de dix pays non occidentaux représentant presque la moitié de la population mondiale, l’Inde se trouve dans une position délicate. Historiquement constitué du Brésil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique du Sud, le groupe a récemment élargi son cercle d’influence en intégrant des pays tels que l’Égypte, l’Éthiopie, l'Iran, l'Indonésie et les Émirats arabes unis.
Au sein de cette coalition, des divergences apparaissent, notamment entre l'Iran et les Émirats lorsqu'il s'agit des frappes américano-israéliennes. Celles-ci soulèvent des tensions qui sont de plus en plus visibles dans le dialogue international.
Des figures clés de la diplomatie mondiale, comme le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le Russe Sergueï Lavrov, participent à ces discussions. «Nous nous rencontrons à un moment d'instabilité considérable dans les relations internationales», a déclaré le chef de la diplomatie indienne Subrahmanyam Jaishankar en introduction à la rencontre.
M. Jaishankar a souligné que «les conflits persistants et les incertitudes économiques redéfinissent le paysage mondial». Le diplomate indien a également évoqué les attentes croissantes de pays en développement envers les Brics, qui pourraient jouer un rôle stabilisateur. «Les questions de développement demeurent au cœur de notre agenda», a-t-il ajouté.
La question de la «volatilité énergétique» est devenue d'une importance capitale, en particulier pour un pays comme l’Inde, qui est le troisième importateur mondial de pétrole et dépend largement de ses approvisionnements en provenance de cette région. Historiquement, environ la moitié du brut indien transite par le détroit d'Ormuz, actuellement paralisé.
Pour atténuer cette crise, l'Inde explore de nouvelles opportunités avec d'anciens partenaires, tout en renouant avec des fournisseurs négligés ces dernières années. La Russie apparaît comme un allié stratégique en fournissant une bouée de sauvetage essentielle au milieu de ces défis énergétiques.
Les discussions à New Delhi se concentrent actuellement sur les thèmes du commerce, des investissements, et de l'énergie. Le ministre Jaishankar a réaffirmé que «notre coopération politique est d'autant plus précieuse dans un contexte mondial instable». Cependant, la présence remarquée du ministre chinois, Wang Yi, fait défaut en cette période cruciale de tensions internationales.
Une rencontre avec le Premier ministre indien Narendra Modi est également prévue, tandis qu’un sommet des dirigeants des Brics est programmé pour plus tard cette année. Néanmoins, la publication d’un communiqué commun à l’issue des discussions reste incertaine, les opinions divergeant sur plusieurs sujets sensibles, notamment la situation au Moyen-Orient.
Randhir Jaiswal, porte-parole des Affaires étrangères de l’Inde, a promis de tenir la presse informée «au fur et à mesure de l’évolution de la situation». Les enjeux sont plus que jamais pressants dans un contexte où l'équilibre géopolitique mondial est remis en question.







