À Lille, un homme de 37 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire, soupçonné d'avoir agressé sexuellement 18 enfants gardés par ses soins. Cette affaire soulève de sérieuses questions sur les contrôles de sécurité dans le domaine du babysitting.
Le suspect, qui conteste fermement les accusations, était inscrit sur une célèbre plateforme de babysitting, en dépit de son fichage pour agression sexuelle. Selon le procureur de Lille, Samuel Finielz, entre mars 2023 et décembre 2025, 44 familles de la métropole ont eu recours à ses services, souvent sans se douter de ses antécédents.
Un voisin de Tourcoing, inquiet après un échange avec le suspect, a alerté la police après avoir découvert ses antécédents judiciaires. "Dès que j'ai pris connaissance de son passé, j'ai immédiatement prévenu les autorités," a-t-il confié à RTL. Pourtant, la police n'a pas jugé utile de mener des investigations à l’époque, ce qui a permis au baby-sitter de continuer à travailler jusqu'à ce qu'une mère porte plainte pour le viol de son fils en décembre 2025.
Le voisin déplore le relâchement du suspect après son audition : "Ils l'ont auditionné et ils l'ont aussitôt relâché. Malgré mes alertes, il a continué à faire du babysitting. Ils avaient tous les éléments nécessaires pour agir," explique-t-il.
Un site avec un protocole de sécurité défaillant
Une enquête menée par RTL révèle que la plateforme de babysitting en question présente d'énormes failles dans son protocole de sécurité. Antoine Decarne, journaliste de RTL, rappelle qu'il a réussi à s’inscrire en quelques minutes sans fournir aucun document validant son identité ou son statut judiciaire. "Je n'ai même pas eu besoin d'une carte d'identité, ni d’un casier judiciaire," surligne-t-il. "En résumé, il est facile de falsifier des informations sur le site."
La situation souligne des lacunes préoccupantes dans la protection des enfants et appelle à un réexamen urgent des mesures de vérification des baby-sitters dans le pays.







