20 Minutes avec AFP
L'essentiel
- La croissance américaine ralentit davantage que prévu tandis que l’inflation repart à la hausse, fragilisant le discours économique de Donald Trump.
- Les ménages américains ont vu leur pouvoir d’achat se dégrader avec des revenus qui progressent moins vite que les prix et une épargne en nette diminution.
- Le marché immobilier reste sous pression avec des taux d’emprunt élevés, de prix toujours importants et un affaiblissement de la demande des acheteurs.
La popularité de Donald Trump ne devrait pas connaître une hausse avec les derniers chiffres publiés aux États-Unis. Les derniers rapports indiquent un ralentissement significatif de l’économie, en dépit des promesses d’un avenir radieux relayées par le président. Le produit intérieur brut (PIB) pour le premier trimestre a été révisé à la baisse, montrant une croissance annulaire de seulement 1,6 %, bien en dessous des 2 % précédemment estimés, selon le Bureau of Economic Analysis (BEA).
Le rapport sur l’indice des prix à la consommation (PCE) a également mis en lumière une montée de l’inflation à 3,8 % sur un an en avril, le taux le plus élevé en près de trois ans. Cette poussée est largement attribuée à la hausse des prix de l’essence, influencée par la guerre contre l’Iran. Cependant, le gouvernement promet que cette inflation n’est que passagère. « Je reste convaincu que nous allons surmonter cette phase difficile », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent, annonçant une possible « désinflation significative » et rappelant que le chômage ne dépasse pas les 4,3 % au niveau national.
Le revenu des Américains en baisse
D'autres statistiques récemment publiées illustrent une baisse du revenu disponible des ménages. Les salaires augmentent moins vite que les coûts de la vie, entraînant un taux d’épargne tombé à 2,6 % en avril, contre 3,2 % un mois plus tôt. L’économiste Heather Long, de la Navy Federal Credit Union, a commenté : « Ouch », notant que « les finances des Américains sont sous une pression considérable » et qualifiant cette situation d'« intenable ».
Le marché immobilier en souffrance
Le secteur immobilier subit également une forte pression. En avril, les ventes de maisons neuves ont chuté, loin des prévisions de redressement optimisées par la Maison-Blanche. Les acheteurs font face à des prix immobiliers exorbitants, des taux d’emprunt élevés et une diminution de leur pouvoir d'achat. Yelena Maleyev, économiste chez KPMG, souligne que « les acheteurs sont confrontés à la hausse des prix de l’immobilier, aux taux en augmentation et à une perte conséquente de pouvoir d’achat ».
Les taux des prêts immobiliers à 30 ans, pourtant clé de l’accès à la propriété aux États-Unis, ont grimpé en moyenne à 6,53 %, selon Freddie Mac, contre moins de 6 % juste avant le déclenchement du conflit avec l’Iran à la fin de février. Cette hausse des taux est en partie due aux inquiétudes croissantes liées à l'inflation provoquées par la guerre au Moyen-Orient. Notons que Donald Trump avait fait de la préservation du pouvoir d'achat et de la réduction des coûts de crédit des éléments phares de sa campagne de réélection.







