l'essentiel
Qui est Xenia Fedorova, cette figure controversée de l’influence russe dont la rencontre avec une ministre française provoque des remous à Matignon ? De RT France à l'empire Bolloré, retour sur le destin de cette porte-voix de Poutine à Paris.
L'affaire fait grand bruit au sommet de l'État. Le 21 mai dernier, à l'invitation du milliardaire Vincent Bolloré, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard participe à un déjeuner au siège de Vivendi à Paris. Sur place, la ministre croise une figure emblématique de la propagande russe, Xenia Fedorova.
Alors que l'entourage de Genevard assure n'avoir pas été informé de la présence de Fedorova, celle-ci a engendré un vent de panique au sein du gouvernement. "Le gouvernement n'était pas au courant [...] C’est quelqu'un dont nous critiquons régulièrement les positions, qui a tenu des propos très graves sur l'Ukraine," a déclaré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse.
Le porte-voix du Kremlin... à Paris
Le parcours de Xenia Fedorova débute en 2014. Bien qu'elle soit diplômée de l'université d'État de Moscou sans formation journalistique, elle entame sa carrière au sein de Russia Today. Elle progresse rapidement, devenant en 2017 la responsable de RT France, avec un budget conséquent à la clé.
Dès son arrivée, la chaîne est décrite par Emmanuel Macron comme un "organe d'influence et de désinformation". Sous sa direction, RT France tente de relayer le récit du Kremlin tout en exploitant les divisions sociales françaises, notamment durant la crise des "Gilets jaunes".
Sous la protection de Bolloré
Le tournant se produit en mars 2022, après l'invasion de l'Ukraine, lorsque l'Union européenne bannit les médias d'État russes, entraînant la fermeture de RT France. Fedorova dépeint alors sa situation comme celle d'une victime de la censure dans un ouvrage intitulé Bannie..., publié chez Fayard, maison d'édition liée à Vincent Bolloré.
Plutôt que de quitter la France, Fedorova connait une remarquable reconversion. Grâce à la protection de Bolloré, elle publie désormais une chronique régulière dans le JDNews, l'hebdomadaire du Journal du Dimanche, et intervient fréquemment sur CNews.
À travers ces médias, elle continue de propager la rhétorique du Kremlin, prétendant que la déportation d'enfants ukrainiens est une "légende", que "l’Occident a décidé de prolonger le conflit" et que "la Russie n’a jamais menacé l’Europe".







