Branchée, fiscalement attractive et en plein essor, la région-capitale espagnole se distingue par sa direction résolument conservatrice. Mais comment Madrid devient-elle un modèle pour d'autres métropoles européennes ? Immersion.
« Ce sera le communisme ou la liberté ». Durant le printemps 2021, Isabel Díaz Ayuso, la présidente conservatrice de la communauté de Madrid, lançait ce défi aux électeurs madrilènes : choisir entre elle et Pablo Iglesias, le leader du parti Podemos, à l'époque sur le devant de la scène dans cette région clé. La réponse des urnes fut claire : plus de 40 % des voix pour le Parti Populaire.
Pour séduire les entrepreneurs, Ayuso n’a pas lésiné sur les efforts : baisses d'impôts, aides variées aux entreprises, et recherche des talents venus d'Europe, d'Amérique latine, et des États-Unis. La défense de la liberté de conduite reste au cœur de sa politique, un aspect que reconnaissent même certains taxis qui affichaient son portrait durant la pandémie.
Sociologiquement, Madrid se distingue : là où Paris, Londres, Berlin et New York sont souvent sous des gouvernances de gauche, Madrid continue à conforter un passé empreint de conservatisme. Ses opposants critiquent ce qu'ils perçoivent comme des restes du franquisme, tandis que ses partisans soulignent qu'Ayuso constitue une figure rassurante face à la gauche radicale de Pedro Sánchez, le président du gouvernement espagnol.
Les résultats parlent d’eux-mêmes. Madrid figure parmi les dix premières villes européennes en termes d'investissement dans les startups, avec 1,2 milliard d'euros prévus pour 2025. Sur le plan national, la capitale surpasse nettement Barcelone. La Catalogne, embourbée dans des conflits politiques, a vu une exode de sa population vers Madrid, qui a su les accueillir dans un cadre d'attractivité fiscale appréciable.
Dès son entrée en fonction en 2019, Ayuso a prôné l'adoption de 21 baisses d'impôts locaux, offrant aux contribuables un total d'économies estimé à 31,3 milliards d'euros. « Nous avons la fiscalité la plus attractive d’Espagne », assène-t-elle fièrement, mettant en avant des initiatives audacieuses comme la « loi Mbappé », récemment adoptée pour les étrangers souhaitant investir à Madrid.
Cette fiscalité attractive représente un atout majeur, attirant de nombreux expatriés. Ayuso a même entrepris un voyage à Miami pour recruter les investisseurs américano-cubains souhaitant rejoindre cette dynamique. Des entreprises de renom comme Netflix et Warner s’y sont déjà installées, redéfinissant l'image de Madrid.
Madrid classée comme la deuxième ville la plus vivante au monde en 2025
Et Madrid, au-delà de son attractivité économique, est une ville dynamique et agréable. Elle a été classée par l'agence Monocle comme la deuxième ville la plus vivable au monde en 2025, en raison d’un coût de la vie maîtrisé. Le maire José Luis Martínez-Almeida, également issu du Parti Populaire, a évoqué une vision claire : « La Mairie désire faire de Madrid la meilleure ville pour vivre, investir et visiter. »
Les projets d'envergure se multiplient, tels que la rénovation du stade Bernabéu et l'essor des hôtels haut de gamme, passant de six à 39 établissements cinq étoiles, avec l'ouverture prévue d'un hôtel Bulgari prochainement. Les autorités revitalisent aussi l'espace urbain, avec des initiatives écologiques comme le réaménagement de zones vertes.
Madrid aspire à rester la ville de la fête, attirant étudiants et visiteurs avec une vie nocturne vibrante. Avec les beaux jours, terrasses et bars s’animent. « Madrid is blooming » résume cette nouvelle dynamique sous une direction conservatrice tournée vers l'avenir, dans le souci des valeurs traditionnelles et des finances publiques.







