Les Colombiens ont commencé à voter dimanche pour élire leur président, naviguant entre une gauche décidée à maintenir le pouvoir et une droite résolue à garantir la sécurité face à une escalade de la violence des groupes armés.
Les sondages d'avant-vote place le philosophe et sénateur de gauche Ivan Cepeda en tête, bien qu'il soit suivi de près par Abelardo de la Espriella, un avocat millionnaire qui adopte un discours pro-Trump, faisant de lui un outsider dans la course présidentielle.
Les bureaux de vote fermeront à 16H00 locales (13H00 GMT), et les résultats devraient être annoncés quelques heures après la clôture. Ce scrutin est crucial, alors que les candidats s'affrontent sur la meilleure approche pour mettre fin à un conflit armé ancien de plus de soixante ans, récemment ressurgi.
Le pays est confronté à une recrudescence de violence, la pire depuis la signature de l'accord de paix avec la guérilla des Farc en 2016. Des leaders communautaires ont été assassinés, des attentats ont coûté la vie à des civils, et un candidat à la présidentielle a été tué.
Des experts, comme ceux rapportés par Le Monde, estiment que les groupes armés et les cartels criminels ont utilisé le climat de paix pour accroître leur influence et augmenter la production de cocaïne.
- Juste "un peu de paix" -
La Constitution colombienne empêche Gustavo Petro, le premier président de gauche, de se représenter. Petro, bien que clivant, est populaire parmi les classes populaires pour ses réformes, comme l'augmentation du salaire minimum et l'élargissement des programmes sociaux dans un des pays les plus inégalitaires au monde.
Son successeur potentiel, Ivan Cepeda, un défenseur des droits de l'homme, mise sur la continuité des réformes sociales et des négociations de paix avec les groupes armés. Un habitant de Bogotá, Pedro Barragan, souligne les avancées faites dans des domaines tels que l'éducation et la protection de l'environnement sous la présidence Petro.
Quel que soit le gagnant de cette élection, il devra composer avec un paysage complexe de groupes criminels impliqués dans des activités telles que le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale.
Les partisans de Cepeda craignent qu'une victoire de la droite ravive un conflit ancien entre l'État et les groupes armés. Maria Eugenia Motato, résidente d'une zone contrôlée par des guérillas, exprime son désir d'un président capable de restaurer un semblant de paix dans un environnement tendu.
- Un tournant vers la droite ? -
De son côté, Abelardo de la Espriella, surnommé "Le Tigre", est prêt à promettre la mort ou l'incarcération de tous les membres des organisations criminelles. Il se positionne comme un anti-establishment et propose une approche de "main de fer", souvent efficace pour la droite dans d'autres pays d'Amérique latine.
Admirateur de figures politiques comme Donald Trump et Nayib Bukele, il suggère des mesures radicales, y compris la construction de méga-prisons et des frappes militaires contre les trafiquants de drogue, soulignant ainsi son engagement à éradiquer le fléau de la cocaïne en Colombie.
Cette élection, décrite par lui comme une "bataille cruciale pour l'histoire du pays", pourrait néanmoins mener à un second tour, prévu le 21 juin.
Un autre candidat de droite, Paloma Valencia, soutenue par l'ancien président Alvaro Uribe, est également dans la course. Elle cherche à séduire les électeurs centristes tout en prônant un renforcement des forces de l'ordre pour lutter contre la violence.
Malgré l'ambiance tendue, la journée électorale s'est déroulée sous un climat de calme relative, une lueur d'espoir dans un paysage électoral assombri par la violence.







