Le gouvernement américain a intensifié, jeudi 12 octobre, les mesures de pression sur Cuba en imposant de nouvelles sanctions économiques visant plusieurs personnalités importantes, dont le président Miguel Diaz-Canel et des membres de la famille Castro.
Bien que M. Diaz-Canel fasse déjà l’objet de mesures restrictives depuis juillet 2025 en raison de la répression violente des manifestations de 2021, cette nouvelle série de sanctions, émanant du Trésor américain, élargit le champ des restrictions qui touchent également son entourage proche.
Parmi les personnes ciblées, Alejandro Castro Espin, fils unique de l'ancien dirigeant Raul Castro, qui à 95 ans reste une figure influente dans les cercles décisionnels de l'île. Il a joué un rôle central dans les négociations ayant conduit à la normalisation des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis en 2015, bien qu'il soit désormais sanctionné.
Des sanctions pèsent également sur l'épouse de Diaz-Canel, Lis Cuesta, ainsi que sur son fils, en plus du ministère cubain des Forces armées révolutionnaires. Cette action s’inscrit dans un contexte où plusieurs hauts responsables militaires et des membres des services de renseignement cubains ont déjà été frappés par des sanctions.
Le département du Trésor américain précise que les sanctions impliquent le gel des avoirs détenus sur le sol américain et interdisent toute interaction commerciale avec des entités ou individus ciblés. Les conséquences de ces mesures sont sévères, pouvant également toucher des entreprises et citoyens américains.
Un autre petit-fils de Raul Castro, Raul Guillermo Rodriguez Castro, dont on rapporte qu’il est impliqué dans les négociations en cours entre Washington et La Havane, échappe toutefois à cette nouvelle vague de sanctions.
Bruno Rodriguez, ministre cubain des Affaires étrangères, a réagi sur les réseaux sociaux en considérant cette série de sanctions comme une preuve des ambitions interventionnistes de Washington, cherchant à présenter Cuba comme une menace pour la sécurité nationale américaine.
Marco Rubio, secrétaire d'État américain d'origine cubaine, a déclaré que les personnes sanctionnées contribuaient à soutenir le régime et ses initiatives radicales aux États-Unis. Il a également souligné son objectif de déstabiliser ce qu’il appelle un "cartel militaire", désignant le conglomérat d'entreprises lié à l'armée cubaine.
Le système économique cubain reste en proie à des difficultés croissantes, exacerbées par le retrait récent de partenaires étrangers dans la gestion d'établissements touristiques. Ce désengagement impacte fortement le conglomérat GAE.SA, déjà fragilisé par les sanctions précédentes.
Les relations américano-cubaines, déjà tendues en raison de l’embargo en vigueur depuis 1962, se détériorent davantage, en particulier depuis que le président Donald Trump a qualifié Cuba de "menace extraordinaire" pour les États-Unis. Trump a plusieurs fois exprimé sa volonté de prendre des mesures plus directes pour contrôler la situation cubaine.
En réponse aux questions sur l’impact de ces sanctions sur l’économie cubaine, Trump a affirmé vouloir voir Cuba devenir un “pays bien géré”, capable de nourrir sa population. Il a décrit une île dotée d'un potentiel touristique sous-exploité, promettant d'y investir une fois que d'autres crises internationales seraient résolues.







